À l'approche des derniers rendez-vous de la Pescalune, les manadiers Tommy Maire et Didier Vellas reviennent sur les traditions camarguaises d'abrivado et de bandido. Ce samedi, 3 abrivado et 4 bandido ont eu lieu. Aujourd'hui, dernier jour de la fête, les 3 dernières bandido partiront à 20h. Malgré tout, Tommy Maire et Didier Vellas gardent le même enthousiasme. Pour les deux manadiers interrogés hier avant le départ des abrivado, ces rendez-vous sont bien plus qu'un spectacle : ils incarnent une tradition qu'ils s'acharnent à préserver.
Deux traditions bien distinctes
Concrètement, une abrivado correspond à l'arrivée des taureaux jusqu'aux arènes, encadrés par les gardians. La bandido, elle, marque leur retour en fin de journée. Deux moments qui se ressemblent en apparence, mais que les professionnels distinguent immédiatement. "L'abrivado, ça se fait tranquillement. La bandido, c'est le retour au pays", résume Didier Vellas, "le soir, il y a plus d'allant, plus de mouvement. Les taureaux sont pressés de rentrer. Ce sont les mêmes animaux, mais ils n'ont pas du tout le même comportement."
Pour les cavaliers, il faut sans cesse faire preuve d'autorité. "On adapte le taureau à notre vitesse. Ce n'est pas lui qui nous domine, c'est nous qui le dominons", explique Tommy Maire. Une maîtrise indispensable, même si les deux hommes rappellent qu'un risque existe toujours. "Un taureau reste un taureau. Il peut toujours s'échapper. Mais le spectacle est maîtrisé. Après, c'est surtout le public qui doit rester vigilant."
Une tradition en évolution
Les abrivado d'aujourd'hui n'ont plus le rôle qu'elles avaient autrefois. Avant l'existence des camions, elles servaient à conduire les taureaux des prés jusqu'aux arènes, parfois sur plusieurs jours. Elles sont toujours un rendez-vous incontournable de la Pescalune, mais désormais, les taureaux sont avancés en camion jusqu'à la ville. "C'est devenu un jeu, mais c'est toujours là pour la tradition", rappelle Didier Vellas.
"Il faut que ça dure"
Cette transmission est au cœur de leur engagement. "Il faut que ça dure. On essaie de la maintenir. Il faut préserver ces moments-là", insiste le manadier Tommy en regardant sa fille Naïs, qui fait aussi partie de la manade. Les deux propriétaires de manades se réjouissent qu'aucun incident majeur ne soit venu ternir la fête malgré l'affluence de cette semaine. "Il n'y a pas eu d'accroc, pas de blessure. Les chevaux, les taureaux, les femmes, les hommes, les enfants… tout s'est bien passé." Avant les trois dernières bandido prévues aujourd'hui, Tommy Maire et Didier Vellas espèrent une seule chose : voir perdurer encore longtemps ces traditions qui font battre le cœur des fêtes camarguaises.



