Vendredi 17 juillet 2026 au matin, le parc des Cordeliers paraît endormi. Seuls quelques allers-retours d'une camionnette troublent la tranquillité. Des marabouts encore pliés, des tapis coco roulés et le comptoir du bar en plusieurs morceaux laissent présager le calme avant la tempête. Dans quelques jours, 1 000 chanteurs venus de toute la France, de Belgique, de Suisse et du Luxembourg investiront le Fort Vauban pour leurs répétitions, à l'occasion de la 27e édition des Fous chantants, prévue du 25 juillet au 1er août.
Une organisation millimétrée pour le confort des choristes
Kiné sur place, système de navettes, buvette et point restauration : tout est pensé pour offrir confort et bien-être aux choristes durant leurs journées intenses. Une douzaine de bénévoles est sur place avec la mission d'aménager le village des choristes. Le rendez-vous est donné à 7 heures du matin, et après cinq trajets à bord d'un camion rempli, commence l'installation. "On enchaîne dès l'ouverture de la billetterie pour la prochaine édition !" s'exclame un bénévole.
Sur la façade extérieure du Fort Vauban, une guitare géante trône sur le mur de l'ouvrage militaire. Façonnée en 2023 à l'occasion de la venue de Jean-Louis Aubert, l'instrument fait désormais partie du décor. Autre marque d'hommage à la chanson francophone : des tableaux représentant chacun des artistes honorés, de Jean Ferrat en 1998 à Vianney en 2024. Pour cette 27e édition, le visage de Zazie, à l'affiche en 2025, complètera cette brochette de portraits qui orneront le bar.
Des bénévoles dévoués toute l'année
Derrière le comptoir de 4 x 6 mètres, une quinzaine de bénévoles s'activeront pour servir les choristes. "Après leur répétition, ils ont soif et arrivent tous en même temps. Il faut les servir, ces 1 000 choristes !" rit Henri Castano, responsable logistique. Il fait partie des "piliers" de l'organisation, répartie en une quinzaine de pôles. Pour ce retraité, l'organisation des Fous chantants est un engagement "à plein temps", de l'ordre de 40 heures par semaine.
En tout, ce sont 90 paires de bras qui œuvrent au bon déroulé de ce point d'orgue musical au cœur d'Alès. Parmi eux, 25 se consacrent uniquement à la semaine du festival. D'autres sont mobilisés quelques mois en amont, voire toute l'année. "Ça s'enchaîne assez vite, dès l'ouverture de la billetterie pour la prochaine édition, voire avant !"
Christophe Mrugala, chargé de production, révèle une estimation de 30 000 heures de bénévolat cumulées sur une année. Certains, en raison de leur temps disponible, ne viennent que la semaine du festival. Ce fut le cas d'Axel, 23 ans, lors de ses trois premières années. Alors âgé de 14 ans, il a commencé derrière le comptoir, en charge de réapprovisionner les frigos. Aujourd'hui, cet étudiant basé à Lyon a plusieurs casquettes, entre la gestion du bar et le montage. Ses racines familiales à Alès lui permettent d'être investi toute l'année : "J'aime beaucoup l'ambiance ici, on participe à quelque chose de super !"
Des coulisses dans les coulisses
L'équipe de montage consacre ses matinées à l'installation, et ce jusqu'à midi, en raison des fortes chaleurs estivales. Mais il y a des coulisses encore derrière les coulisses, comme le fait savoir Norbert Diet, responsable du matériel : "Une fois rentré chez moi, je continue à travailler sur mon ordinateur !"
Durant la semaine des Fous chantants, le public peut venir gratuitement découvrir les répétitions aux côtés des 1 000 choristes et rencontrer les bénévoles. L'inscription se fait par mail à evenement@fouschantants.org.



