Raed Issa, artiste palestinien en exil, expose à Marseille sa tente de cire
Raed Issa expose à Marseille sa tente de cire

L'artiste palestinien Raed Issa, 51 ans, arrivé en France le 18 avril 2025 dans le cadre du programme PAUSE, expose actuellement à Marseille une œuvre poignante : une tente de cire d'abeille suspendue, symbole de l'urgence de la survie et de la douleur des déplacements. Installé au centre d'art la Compagnie, dans le quartier populaire de Belsunce, il raconte à travers cette pièce l'exode forcé de son peuple.

Une tente qui ne s'enracine nulle part

Au centre de la pièce, une tente semble flotter, suspendue à quelques centimètres du sol par des fils presque invisibles. Ses parois translucides sont recouvertes de cire d'abeille, rigide et fragile à la fois, sur laquelle sont dessinés des visages de femmes et d'enfants. « Si la tente ne s'enracine nulle part, explique l'artiste, c'est parce qu'elle est prête à repartir, à se déplacer encore et encore. »

Cette idée du mouvement perpétuel, du paquetage jamais rangé, est devenue le cœur de la démarche de cette figure majeure de l'art palestinien, dont les œuvres ont voyagé dans le monde entier. Raed Issa comprend et parle un peu français, mais préfère s'exprimer en arabe, sa langue natale, pour restituer l'exacte chronologie de son parcours.

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Une campagne de diffamation violente

Arrivé en France grâce au programme PAUSE, qui soutient les scientifiques et artistes en danger, Raed Issa a d'abord été accueilli par l'Université d'Aix. Mais une violente campagne de dénigrement, relayée par des groupuscules identitaires, l'a pris pour cible. « Les conditions nous ont obligés à fuir la mort », confie-t-il, décrivant un exode suspendu entre la survie et l'incertitude.

Contraint de quitter l'université, il est désormais accueilli par la Compagnie, un centre d'art communautaire à Marseille, où il présente une pièce de son travail. Cette structure lui offre un espace pour continuer à créer et à témoigner, malgré les attaques dont il a fait l'objet.

Un témoignage artistique de l'exil

Le travail de Raed Issa, marqué par l'urgence et la fragilité, résonne particulièrement dans le contexte actuel. Sa tente de cire d'abeille, prête à être démontée à tout moment, incarne la condition des déplacés, des réfugiés, de tous ceux qui vivent dans l'attente d'un lendemain incertain.

À travers cette œuvre, l'artiste palestinien ne se contente pas de représenter l'exil ; il le fait ressentir dans sa matérialité même. La cire, matériau à la fois ductile et éphémère, évoque la mémoire et la transformation, tout comme le parcours de l'artiste, contraint de fuir son pays pour survivre.

Cette exposition à Marseille est une étape dans un parcours semé d'embûches, mais aussi un acte de résistance culturelle. Raed Issa, en dépit des campagnes de diffamation, continue de porter la voix de son peuple à travers son art, rappelant au monde l'urgence de la situation à Gaza.

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