Maxime Riché, photographe entre deux feux
Maxime Riché, photographe entre deux feux

Le photoreporter indépendant Maxime Riché, connu pour ses couvertures de conflits, présente actuellement une exposition à Arles, intitulée « Entre deux feux ». Cette série, composée de plus de 80 images, témoigne de son travail mené entre 2022 et 2025 en Ukraine et à Gaza. L'exposition, visible jusqu'au 29 septembre, offre un regard brut sur la réalité des zones de guerre, tout en laissant place à des instants de vie et de résilience.

Un travail de terrain sur deux fronts

Maxime Riché a passé plusieurs mois en Ukraine, dès le début de l'invasion russe en février 2022, puis à Gaza après les attaques du 7 octobre 2023. Ses photographies, souvent prises au plus près des civils, montrent les conséquences humaines des combats : familles déplacées, blessés, mais aussi enfants jouant dans les décombres. « Ce que je cherche, c'est montrer la vie qui continue malgré tout », explique-t-il lors d'une visite guidée de l'exposition.

L'exposition, qui a nécessité un an de travail de sélection, est organisée en deux parties distinctes. La première, consacrée à l'Ukraine, met en avant des images en noir et blanc, tandis que la seconde, sur Gaza, est en couleur. Ce choix esthétique n'est pas anodin : il reflète la différence de perception des deux conflits, explique le photographe.

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Un regard humaniste au milieu du chaos

Riché, qui a commencé sa carrière comme reporter de guerre il y a quinze ans, dit avoir été marqué par la « résilience incroyable » des populations civiles. Il raconte notamment l'histoire d'une femme ukrainienne qui a passé trois semaines dans une cave avec ses enfants, et qui, à sa sortie, a offert du pain aux soldats russes. « Ces moments de grâce sont rares, mais ils existent », confie-t-il.

L'exposition est également accompagnée d'un livre, publié aux éditions Textuel, qui rassemble une sélection de ses photographies. Le tirage est limité à 5 000 exemplaires, dont une partie sera reversée à des associations humanitaires travaillant sur le terrain.

Un engagement qui interroge

Le travail de Maxime Riché suscite des questions éthiques, notamment sur la place du photojournaliste dans les conflits modernes. « Nous sommes de plus en plus confrontés à des restrictions d'accès, mais aussi à la désinformation. Mon rôle est de documenter, sans parti pris », affirme-t-il. Ses images ont été publiées dans des médias internationaux, dont Libération, Le Monde et The Guardian.

L'exposition, qui a déjà attiré plus de 10 000 visiteurs depuis son ouverture le 1er juillet, est saluée par la critique. Selon le critique d'art Jean-Michel Frodon, « Maxime Riché réussit à nous faire ressentir l'horreur sans jamais tomber dans le voyeurisme ». Une reconnaissance qui confirme la place du photographe dans le paysage du photojournalisme contemporain.

Une invitation à la réflexion

Au-delà de l'aspect documentaire, « Entre deux feux » invite le visiteur à réfléchir au rôle de l'image dans notre compréhension des conflits. Des débats sont organisés chaque week-end avec des journalistes, des historiens et des membres d'ONG. Le photographe espère ainsi « créer un espace de dialogue autour de ces questions ».

L'exposition se tient à l'Espace Van Gogh, dans le cadre des Rencontres de la photographie d'Arles. L'entrée est gratuite pour les moins de 18 ans et les demandeurs d'emploi. Les visiteurs peuvent également participer à des visites guidées les mardis et jeudis, sur réservation.

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