Rétrospective Georges Rousse à Lunel : l'anamorphose à l'honneur
Georges Rousse expose à Lunel jusqu'au 12 septembre

Jusqu'au 12 septembre, l'Espace Louis-Feuillade de Lunel présente une Rétrospective consacrée à Georges Rousse, artiste reconnu pour ses anamorphoses spectaculaires. Une vingtaine de créations, réalisées aux quatre coins du globe, sont visibles gratuitement dans l'ancienne chapelle réhabilitée. L'exposition, inaugurée vendredi 26 juin, offre un aperçu de quarante ans de travail où la peinture et la photographie se conjuguent pour tromper l'œil.

Un processus créatif unique

Georges Rousse commence par choisir un lieu, souvent abandonné ou atypique, dont les reliefs inspirent son œuvre. Il peint sur plusieurs plans – murs, sol, plafond, objets – créant des formes géométriques ou des structures en bois. « Chaque fragment semble abstrait mais, depuis un point de vue précis, tous s'alignent pour révéler une image unique. C'est l'anamorphose, une illusion d'optique où la perspective transforme le chaos apparent en une forme cohérente », explique l'agence RentingART, chargée de l'installation des œuvres. L'artiste lui-même insiste : « Rien n'a été réalisé par ordinateur. Tout est fait à la main. »

L'exposition retrace des créations allant de Séoul à Annecy, en passant par Montréal, Reims, Bastia ou encore le Château de Chambord. Chaque œuvre est le fruit de calculs minutieux et d'une grande patience. Pour l'artiste, « mon objectif est de capturer une image qui va mémoriser une relation entre la peinture et l'architecture ». Il ajoute : « Au départ, j'ai commencé à m'installer dans des lieux en ruine parce que je n'avais pas d'atelier. Il était plus simple de créer dans des lieux abandonnés et de peindre sur les murs. Aujourd'hui, tous ces espaces sont devenus mon atelier. »

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Une œuvre spécialement créée pour Lunel

Pour cette exposition, Georges Rousse a investi l'Espace Louis-Feuillade. Au fond de la pièce principale, il a tracé une œuvre colorée qui épouse la courbe d'un petit escalier. « L'objectif était de suivre la courbe pour créer une géométrie dans l'espace », explique-t-il. Depuis un angle précis, le damier courbe apparaît comme des lignes parfaitement droites. Cette création éphémère sera photographiée puis rejoindra la collection de l'artiste.

Parmi les pièces exposées, une œuvre réalisée en 2006 au musée Réattu à Arles intrigue : dans la cour intérieure, Georges Rousse a récupéré des gousses de caroube destinées à être jetées. Fasciné par leurs courbes, il les a assemblées en un cercle suspendu. « J'ai d'abord dessiné le contour en prenant compte des reliefs des façades avant d'installer les gousses », précise-t-il.

Une vidéo pour comprendre le processus

Une vidéo projetée au fond de l'Espace Feuillade détaille le processus créatif de l'artiste, de la conception à la réalisation. On y voit notamment une œuvre réalisée en 2007 à Vitry-sur-Seine, dans un ancien atelier de menuiserie : après avoir tracé un immense cercle, l'arrière du bâtiment a été abattu et la forme découpée dans la structure. Une illusion parfaite, sans aucun trucage numérique.

La visite est gratuite et sans réservation, du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. L'occasion de découvrir ou redécouvrir le travail d'un artiste qui transforme des lieux en œuvres d'art éphémères, dont la mémoire est conservée par la photographie.

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