François Morellet au Centre Pompidou Metz : une rétrospective lumineuse
François Morellet : rétrospective au Centre Pompidou Metz

Le Centre Pompidou Metz propose jusqu'au 26 octobre 2026 une immersion dans l'univers géométrique et lumineux de François Morellet. L'exposition "Liberté, j'écris ton nombre" réunit 150 œuvres, dont plusieurs installations monumentales et des pièces inédites issues de la collection du musée. C'est la première rétrospective d'envergure consacrée à l'artiste en France depuis sa disparition en 2016.

Un pionnier de l'abstraction géométrique

François Morellet (1926-2016) a marqué l'histoire de l'art par son approche systématique et ludique. Autodidacte, il a développé dès les années 1950 un langage abstrait fondé sur des formes simples – carrés, lignes, cercles – et des principes de hasard programmé. Ses œuvres, souvent réalisées avec du ruban adhésif ou des néons, jouent avec la perception du spectateur.

L'exposition met en lumière ses séries les plus emblématiques, comme les "Trames" (années 1960) ou les "Néonistes" (à partir de 1963). Ces dernières, qui utilisent des tubes fluorescents, créent des environnements lumineux où l'espace devient œuvre. Le commissaire de l'exposition, Xavier Douroux, souligne : "Morellet a libéré la peinture de la main de l'artiste pour la confier au hasard et à la géométrie. C'est une célébration de la liberté créative."

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Le hasard comme méthode

Morellet est connu pour avoir intégré le hasard dans son processus créatif, bien avant l'art génératif contemporain. Il utilisait des pièces de monnaie, des dés ou des algorithmes pour déterminer la disposition de ses formes. Cette approche est illustrée par l'œuvre "Répartition aléatoire de 40 000 carrés" (1961), qui occupe un mur entier de l'exposition. Selon les calculs du musée, 40 000 carrés noirs sont disposés selon une grille définie par tirage au sort, créant une mosaïque hypnotique.

Une autre salle est dédiée à ses "Peintures en kit", où le visiteur est invité à recomposer l'œuvre selon des instructions laissées par l'artiste. Cette interactivité précoce a influencé de nombreux artistes contemporains. Le Centre Pompidou Metz a d'ailleurs conçu un parcours pédagogique pour les familles, avec des ateliers pratiques.

Lumière et architecture

Le bâtiment de Shigeru Ban, avec sa toiture aux formes ondulantes, offre un écrin idéal aux œuvres lumineuses de Morellet. L'installation "Sphère de lumière" (2014), un enchevêtrement de tubes néon de six mètres de diamètre, dialogue avec la verrière du musée. Le soir, l'œuvre s'anime selon un programme aléatoire, projetant des ombres colorées sur les murs.

Plus de 45 000 visiteurs sont attendus pour cette exposition, qui bénéficie d'un prêt exceptionnel du Musée d'Art Moderne de Paris et de collections privées. Parmi les pièces rares, on peut admirer "Désintégration de la peinture" (1968), une série de panneaux où la toile est remplacée par des fils tendus. "C'est une des œuvres les plus fragiles que nous ayons jamais transportées", confie la restauratrice Marie-Anne Sarda.

Un héritage vivant

L'exposition s'achève par une section consacrée à l'influence de Morellet sur les jeunes générations. Des artistes comme Pierre Huyghe ou Agnès Thurnauer reconnaissent sa filiation. Morellet a également marqué l'art cinétique et optique, en collaborant avec le Groupe de Recherche d'Art Visuel (GRAV) dans les années 1960.

Pour célébrer l'événement, le Centre Pompidou Metz propose une programmation de conférences et de performances. Le 12 septembre, une performance sonore utilisera un dispositif conçu par Morellet en 1970, où des ondes radio déclenchent des tubes néon. L'entrée est à 12 euros, gratuite pour les moins de 18 ans.

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