Art Basel 2025 : ventes records dès l'ouverture, Picasso et Hockney en tête
Art Basel 2025 : Picasso et Hockney mènent les ventes

Carton plein dès l'ouverture pour Art Basel

La grande foire d'art contemporain de Bâle, en Suisse, a démarré sur les chapeaux de roues avec des ventes massives conclues dès les premières heures. Malgré un contexte géopolitique et économique incertain, les acheteurs étaient bien au rendez-vous. Ce sont des poids lourds qui ont tiré le marché : Pablo Picasso et David Hockney dominaient déjà le palmarès.

La foire a ouvert officiellement au public ce jeudi, après deux jours réservés aux collectionneurs fortunés venus chasser des œuvres rares. Une mécanique bien huilée : les plus gros deals se sont noués en coulisses, avant même l'ouverture. Mardi, le ton était donné avec une toile de Pablo Picasso, « Le peintre et son modèle dans un paysage » (1963), vendue 35 millions de dollars (30 millions d'euros).

Des millions dès les premières heures

Dans la foulée, un autre Picasso a trouvé preneur pour environ 6 à 6,5 millions de dollars via la galerie française Almine Rech. De son côté, la galerie américaine Gray a vendu une œuvre de David Hockney pour 8,5 millions de dollars, quelques jours après la mort du peintre britannique à 88 ans. « L'ambiance est pétillante », s'est réjoui Vincenzo de Bellis, directeur artistique d'Art Basel. Il a toutefois tempéré l'euphorie : « On ne peut certainement pas nier qu'il y a des incertitudes et que la situation géopolitique a un impact. » Mais le constat était là : le marché résiste, et même mieux. « On verra à la fin de la foire, mais actuellement je pense que nous nous dirigeons vers une reprise. »

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Les signaux étaient déjà au vert. Selon un rapport commandé par Art Basel à UBS et Arts Economics, le marché mondial de l'art a rebondi de 4 % en 2025, atteignant environ 59,6 milliards de dollars après deux années de baisse. Un redémarrage progressif, d'abord timide, puis plus solide au second semestre. Mais attention : ce rebond reste tiré par le haut du panier. Le rapport souligne que les ventes aux enchères et les œuvres à plus de 10 millions de dollars ont porté la reprise, bien plus que les galeries traditionnelles. Autrement dit, les très riches collectionneurs dictent toujours la tendance.

Une dynamique confirmée en 2026

Pour 2026, les premiers mois sont jugés encourageants. « Le début de l'année a été plutôt positif », constate Eric Landolt, responsable du conseil en art chez UBS. Prudence tout de même : « Il faudra voir comment les choses évoluent durant la seconde partie de l'année », même si, pour l'instant, les signaux « sont jusqu'à maintenant plutôt bons », notamment après les récentes ventes new-yorkaises. Mi-mai, Christie's a ainsi dépassé les 1,1 milliard de dollars lors d'enchères incluant la collection du milliardaire Samuel Irving Newhouse Jr. Preuve que, malgré les turbulences économiques, les très grosses signatures continuent d'attirer les foules… et les millions.

À Bâle, la frénésie est vite retombée après le pic initial. « Les deux premières heures » ont concentré les plus grosses transactions, rappelle le marchand d'art Thaddaeus Ropac. Depuis, le rythme a ralenti, mais les affaires continuent. « L'ambiance est plus détendue, les collectionneurs reviennent et regardent. » Sa galerie ne chôme pas pour autant : après une première journée chargée, marquée notamment par la vente d'une œuvre de Pierre Soulages pour plus de 3 millions de dollars, des dessins de Georg Baselitz ont encore été cédés mercredi matin. Pour Thaddaeus Ropac, le constat est clair : le marché connaît « une reprise substantielle ».

La foire de Bâle est ouverte au public jusqu'au 21 juin avec de nombreux événements pour les amateurs qui se déplacent pour le plaisir des yeux. Elle réunit 290 galeries et avait attiré 88 000 visiteurs l'an passé.

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