Une jeune mariée retrouvée morte près d’Aix-en-Provence. Un mystérieux message inspiré de Nostradamus. Et surtout, un nom qui réveille instantanément les souvenirs des téléspectateurs : Zodiaque.
Une série culte qui a marqué toute une génération
Lors de sa diffusion en 2004, la série portée par Claire Keim et Francis Huster avait réuni jusqu’à 11 millions de téléspectateurs. Un phénomène télévisuel devenu rare aujourd’hui. Vingt ans après, la saga policière culte fait son retour à partir du 18 juin avec une nouvelle intrigue, un casting largement renouvelé et une promesse : faire découvrir l’univers de Zodiaque à une nouvelle génération. 20 Minutes a pu rencontrer une partie des acteurs à la suite de la diffusion du premier épisode de la série à Canneséries.
Pour Philypa Phoenix, interprétant le rôle de Nadia Roman, le souvenir est encore intact. « Moi, étant enfant, j’ai regardé cette série avec ma famille qui adore Francis Huster. Lorsqu’on m’a proposé ce projet, j’étais hyper contente et il y avait une forme de fierté aussi de se dire : voilà, je fais partie de la suite ». Même son de cloche chez Erika Sainte, qui voit dans ce retour celui d’une télévision fédératrice : « Ce qui était intéressant, c’était de reprendre avec une série populaire, dans le très bon sens du terme. La saga a eu un succès incroyable et a touché énormément de gens. »
Alex Doux, a lui au contraire, découvert l’ampleur du phénomène après son casting. « Je connaissais pas du tout. J’ai compris que c’était culte quand j’en ai parlé autour de moi, notamment à mes parents qui m’ont dit : "Zodiaque ? Mais bien sûr !" Je me suis dit qu’on s’embarquait dans un vrai truc. »
La génération 2026
Si Francis Huster reprend son rôle du commissaire Antoine Keller, la série mise largement sur une nouvelle génération de comédiens. Un choix assumé qui passe notamment par des visages bien connus des téléspectateurs de TF1, révélés dans Ici tout commence ou Demain nous appartient. Pour Erika Sainte, ce choix est particulièrement malin : « L’intelligence qu’ils ont eue au casting, c’est d’engager beaucoup de comédiens de quotidiennes. On veut faire une série qui rassemble le monde et ce sont eux qui rassemblent le monde aujourd’hui. Ils font partie de la vie des gens. »
Philypa Phoenix estime même que cette nouvelle exposition permettra au public de découvrir une autre facette de ces acteurs : « Ça leur donne aussi tout l’espace pour montrer leur range d’acting et je pense que les gens vont être surpris. »
Une enquête familiale sur fond de secrets et de vengeance
Cette nouvelle version reste fidèle à l’ADN qui a fait le succès de la saga. L’histoire débute lors du mariage d’Adrien Escoffier, interprété par Alex Doux, lorsque sa promise est retrouvée assassinée. Très vite, les indices rappellent le mode opératoire du célèbre tueur du Zodiaque, disparu depuis vingt ans. Pour Philypa Phoenix, la série conserve ce qui faisait sa force : « On retrouve vraiment l’ADN qui fait Zodiaque avec ses grandes familles, ses secrets, ce côté "qui a tué qui ?". Les spectateurs vont avoir envie de mener l’enquête. »
La différence se situe surtout dans la mise en scène. « Bruno Garcia (le réalisateur) s’est vraiment attelé à créer une mise en scène d’aujourd’hui », explique l’actrice. « Avec la concurrence des plateformes, il en a fait quelque chose de très contemporain. »
Le public de Cannes conquis, la Belgique plus mitigée
Car le défi est aussi là : réussir à captiver un public habitué aux plateformes et aux contenus consommés à grande vitesse. « Je trouve que le spectateur ne consomme plus du tout les contenus de la même manière », observe Alex Doux. « On peut se lasser beaucoup plus vite ». Pourtant, le jeune acteur assure avoir été lui-même surpris lors de la projection du premier épisode à Canneséries. « Pendant 52 minutes, je n’ai pas décroché. À aucun moment je n’ai eu envie d’aller sur mon téléphone. J’avais toujours envie de voir ce qui se passait la minute d’après. »
Zoï Séverin (Stella dans cette nouvelle série) partage ce constat : « Aujourd’hui, le public a beaucoup plus accès aux séries. Il a un œil beaucoup plus exigeant. Du coup, derrière, il faut vraiment assurer ». Si le public présent à Canneseries semblait emballé lors de la projection du premier épisode, les premiers retours d’audience sont plus contrastés en Belgique. Diffusée en avant-première sur RTL-TVI dès le 20 mai, la série n’a pas rencontré le succès espéré. Selon la presse belge, les deux premiers épisodes ont réuni environ 156.000 téléspectateurs avant de tomber autour de 122.000 la semaine suivante. Face à ces résultats jugés décevants, la chaîne a même décidé de reléguer les deux derniers épisodes en deuxième partie de soirée.
Francis Huster : le trait d’union entre deux générations
Sur le tournage, l’acteur a aussi joué un rôle de passeur entre les deux époques de Zodiaque : « Des anecdotes, on n’en compte plus », sourit Zoï Séverin. « Tous les jours, on avait notre lot d’histoires, de 6 heures du matin dans les voitures jusqu’au soir ». Alex Doux a surtout été marqué par son implication quotidienne. « À 6h30 du matin, tu pouvais être sûr que Francis serait dans le taxi à côté de toi. Même quand il ne tournait pas. »
Philypa Phoenix se souvient quant à elle d’un rituel bien particulier : « Il mettait la musique de Pirates des Caraïbes tôt le matin pour nous donner la pêche ». Une présence qui a contribué à créer une atmosphère familiale sur ce tournage de trois mois en Provence. Vingt ans après avoir réuni toute la France devant son écran, Zodiaque tente donc un pari audacieux : conserver son ADN tout en séduisant une génération habituée à Netflix et aux réseaux sociaux. Les téléspectateurs vont-ils à nouveau répondre présents ? Réponse à partir du 18 juin sur TF1.



