Le film « Soudain », réalisé par Ryusuke Hamaguchi, avec Virginie Efira et Tao Okamoto, sort en salle le 12 août. D'une durée de 3 heures 15, cette coproduction franco-japonaise a valu à ses deux actrices un prix d'interprétation ex aequo au Festival de Cannes, une récompense jugée « plus que méritée » par la critique. Le long-métrage aborde des thèmes comme la maladie, le vieillissement et l'impact du capitalisme sur les corps, et se présente comme un « éloge du care ».
Une rencontre entre deux femmes en lutte
Le pitch : Marie-Lou (Virginie Efira), directrice d'Ehpad, adepte d'une méthode de soins appelée « humanitude », rencontre Mari (Tao Okamoto), metteuse en scène de théâtre japonaise de passage à Paris, confrontée à la récidive d'un cancer. Toutes deux se battent « contre un monstre dont les blessures cicatrisent à l'infini », l'une face à sa maladie, l'autre face au manque de moyens du secteur médical. Leur relation constitue le cœur du film, filtrant toutes les scènes et donnant une « grâce d'équilibriste » au duo bilingue.
Un cinéma de la poésie du banal
Ryusuke Hamaguchi, connu pour « Drive My Car », déploie ici une « hauteur de vue » et une « intelligence sensible » qui balaient les préjugés cyniques. Le film mêle journal intime et conte philosophique, avec des scènes allant des larmes d'un fils en colère contre son père atteint d'Alzheimer aux échanges de SMS nocturnes entre Marie-Lou et Mari, qui ignore la douleur de sa correspondante. Le réalisateur passe sans angélisme d'un cours sur le capitalisme à une représentation théâtrale perturbée par un jeune autiste. La lumière naturelle, entre Paris et Kyoto, est mise en valeur.
Un film qui soigne l'âme
Selon la critique, « Soudain » est de ces films « qui soignent l'âme » et aident à accueillir la mort plus sereinement. Le réalisateur y explore les vertus thérapeutiques de l'art et la poésie du banal. Le film, théorique dans son sujet, reste « vivant, bouleversant même », grâce à la relation entre les deux héroïnes. Le prix d'interprétation décerné à Virginie Efira et Tao Okamoto à Cannes est salué comme une évidence, leur duo servant de « boussole » à ce récit rare.



