Pourquoi « Il était une fois dans l’Ouest » reste le plus grand des westerns
Pourquoi « Il était une fois dans l’Ouest » reste un chef-d'œuvre

Que dire de nouveau à propos d'« Il était une fois dans l'Ouest », chef-d'œuvre honni à sa sortie par les défenseurs du western classique qui ne virent dans cette somptueuse vision opératique et baroque qu'un amas de chichis et de subversion grandiloquente ? Qu'il est frappant de voir combien ce cinquième long-métrage de Sergio Leone, conçu comme le point de départ d'un nouveau cycle dans son œuvre, reproduit un à un les grands motifs de sa trilogie dite « des dollars » achevée un an plus tôt.

Un western qui réinvente les codes

Après la guerre de Sécession du « Bon, la Brute et le Truand », le cinéaste choisit la conquête de l'Ouest comme filigrane et détache trois individus emblématiques qui se disputent le pouvoir : un soliste méthodique et froid (Charles Bronson reprend à son compte le zen eastwoodien), son décalque maléfique (Henry Fonda, aussi sadique que l'était la « brute » Lee Van Cleef), un bandit de grand chemin truculent (Jason Robards, réincarnation du « truand » Eli Wallach).

Une héroïne au milieu des prédateurs

S'ajoute une putain flamboyante en quête d'émancipation vers laquelle converge le désir des trois autres, formidable personnage campé par la bellissime Claudia Cardinale, sans doute le plus abouti du film. Nouveauté ? Continuité, plutôt, puisque Leone invite une tête d'affiche supplémentaire à chaque film : « Pour une poignée de dollars » était porté par le seul Eastwood qui s'associe à Lee Van Cleef dans « Et pour quelques dollars de plus », le duo devenant trio dans « le Bon, la Brute… ».

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Des motifs récurrents sublimés

Quoi d'autre ? Il y a toujours un magot que d'aucuns convoitent (point de dollars sonnants et trébuchants ici, mais un passage clé du chemin de fer), des gun fights d'anthologie, ballets de mort sans cesse réinventés (sur le quai d'une gare, autour d'un wagon, depuis un bon bain chaud…), des associations mouvantes dictées par les événements qui obligent les personnages à s'observer et à se comprendre avant de s'entre-tuer. Cette considération muette qui perle sur l'écran en dépit de la haine et de l'adversité ambiantes fait aussi la noblesse du film : on s'y étripe avec dignité, presque avec amour.

Diffusé ce mardi 14 juillet à 20h50 sur Ciné+ Classic, ce western américain de Sergio Leone (1968) dure 2h24. Il est également disponible à la demande sur myCANAL. Avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Charles Bronson et Jason Robards, il demeure une référence incontournable du genre.

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