Le comédien montpelliérain Julien Galix, actuellement basé à Paris, participe au Festival d'Avignon avec trois spectacles, dont une réécriture contemporaine du Tartuffe signée par son frère Guillaume. Derrière ce marathon estival se cache une ambition claire : revenir s'implanter dans le Sud de la France et faire rayonner sa compagnie, Le Square, depuis Montpellier.
Trois spectacles au Festival d'Avignon
Le Festival d'Avignon, plus grand événement théâtral national, bat son plein. Pour Julien Galix, c'est le moment idéal pour convaincre les programmateurs. "Avignon est un pari intense. L'an dernier, J'oublie tout a dépassé mes attentes avec 20 dates de tournée décrochées. Cette année, l'objectif est de confirmer et de faire découvrir la nouvelle création de la compagnie", confie-t-il.
Cette nouveauté, Le Château d'Orgon, est une pièce écrite par son frère Guillaume : "une réécriture contemporaine du Tartuffe de Molière sur les hypocrisies de notre époque". Julien Galix en signe la mise en scène, à découvrir chaque matin à 10h au Roseau Teinturier. Dans la même salle, à 20h55, il remonte sur scène pour son seul-en-scène J'oublie tout. "C'est un spectacle un peu autobiographique où il est beaucoup question de Montpellier. Cela retrace l'épopée d'un jeune gars du Sud de la France, fan du rappeur Jul. C'est une espèce de toile de fond mythique pour parler de quête de soi et d'identité", explique-t-il.
Enfin, il joue également dans L'Affaire Rosalind Franklin à 12h au Théâtre de la Reine Blanche, un spectacle joué pour la troisième saison à Avignon qui réhabilite la véritable découvreuse de la structure de l'ADN.
Un retour souhaité à Montpellier
Ce marathon estival cache une ambition plus profonde : s'implanter durablement à Montpellier. Julien Galix a quitté la ville il y a quelques années pour Paris afin d'y valider un master en droit. Parallèlement, il s'inscrit aux cours du soir du Cours Florent, ce qui est le déclic. Fils d'avocats, il grandit bercé par la puissance de la parole, mais préfère finalement les planches au code pénal. À 25 ans, il tente le concours national du Studio d'Asnières (ESCA), un cursus ultra-sélectif qui n'offre que 12 places par an. Il y passe trois ans. "On connaît l'incertitude de ce métier, mais au moins là, tu rencontres des intervenants qui ont vraiment un pied dedans", résume-t-il.
Ses parents ne l'ont jamais dissuadé de quitter le filon familial. S'il s'est lancé depuis peu, il fait tout pour retourner au bercail et fuir "l'embouteillage monstrueux à Paris pour les compagnies". Au-delà du pragmatisme, c'est un attachement viscéral à ses racines.
Un amour du MHSC et de la ville
Avec Jean-Baptiste Durand, réalisateur de Chien de la casse devenu un ami proche, il partage régulièrement les tribunes du MHSC, à La Mosson. Il a également connu Paul Mirabel au collège de La Merci. Comme lui, il porte le maillot du club de foot sur scène. "Je suis tellement attaché à cette ville. Culturellement, c'est quand même une ville où les gens sont intéressés par la chose, il y a une politique, ça se bat, contrairement à d'autres endroits en France", précise-t-il.
S'il est amené à multiplier les allers-retours avec la capitale, son but à terme est de faire rayonner ses créations depuis Montpellier plutôt qu'à Avignon. En attendant, sa mise en scène d'une pièce sur le peintre montpelliérain Frédéric Bazille sera jouée en novembre au musée Fabre.



