Plus de cent détenus de la maison d’arrêt de Nîmes, ainsi que la mère d’un prisonnier qui s’est suicidé en détention en mars 2025, annoncent ce mercredi 8 juillet 2026 leur intention de saisir la Cour de justice de la République (CJR). Représentés par Mes Khadija Aoudia et Marc Lemoine, avocats au barreau de Nîmes, les plaignants dénoncent des conditions de détention dégradantes et une absence d’assistance face à un danger imminent.
Une surpopulation carcérale alarmante
La maison d’arrêt de Nîmes, conçue pour 340 places, héberge actuellement près de 780 détenus, soit un taux d’occupation de 229 %. Cette promiscuité extrême est au cœur des griefs. Selon Me Aoudia, la chaleur ressentie atteint près de 50 degrés, rendant les cellules invivables. Les détenus subissent également la présence de nuisibles (insectes, souris), des toilettes à proximité immédiate du lieu de vie, et un climat de violences généralisées, y compris des agressions sexuelles.
Une double procédure judiciaire
Les avocats engagent deux actions : une saisine de la CJR pour non-assistance à personne en danger, visant à obtenir l’ouverture d’une enquête par la commission d’instruction, et un recours devant le tribunal administratif de Nîmes. Me Aoudia, ancienne bâtonnière, qualifie la situation de « déshumanisation » touchant aussi bien les détenus que le personnel pénitentiaire, confronté aux mêmes souffrances et à des violences verbales ou physiques. Si la CJR refuse d’instruire, les avocats prévoient de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.
Le témoignage poignant d’une mère
Dominique Étienne, mère de Benjamin, qui s’est pendu en prison en mars 2025, se joint à la procédure. Selon elle, son fils, souffrant de troubles psychologiques, n’aurait pas dû pouvoir se suicider. Après le classement de sa plainte pénale à Nîmes, elle rejoint les 108 détenus pour dénoncer un environnement carcéral délétère. « Mon fils s’est pendu avec un drap, et personne n’a rien fait », déplore-t-elle.
Des plaintes en augmentation
Les avocats continuent de collecter les témoignages : 108 détenus se sont déjà manifestés au 8 juillet, et d’autres devraient se joindre à la procédure d’ici la fin du mois. Contacté, l’entourage du ministre de la Justice n’a pas souhaité commenter. Cette affaire met en lumière la crise chronique des prisons françaises, où la surpopulation et le manque de moyens entraînent des conditions indignes.



