La Commission des grâces du Royaume-Uni a accordé une grâce posthume à Ruth Ellis, la dernière femme exécutée dans le pays, pendue le 13 juillet 1955 à l'âge de 28 ans pour le meurtre de son amant, David Blakely. Cette décision, annoncée le 8 juillet 2025, met fin à des décennies de campagne de la part de sa famille et de militants pour les droits des femmes, qui estimaient qu'elle avait été victime d'une erreur judiciaire.
Les circonstances du crime et du procès
Ruth Ellis, mère de deux enfants, avait abattu David Blakely, un pilote de course, de quatre coups de revolver devant un pub à Hampstead, Londres, le 10 avril 1955. Lors de son procès, la défense avait plaidé la provocation et la violence conjugale, mais le jury ne l'avait pas retenue. Ellis avait été reconnue coupable de meurtre avec préméditation et condamnée à la peine capitale. Selon les archives, elle n'a pas fait appel et aurait déclaré : « Je voulais mourir. »
La grâce posthume : une reconnaissance tardive
La Commission des grâces, un organisme indépendant, a estimé que la condamnation d'Ellis était « injuste » au regard des normes juridiques actuelles, notamment en raison de l'absence de prise en compte des violences psychologiques qu'elle subissait. « C'est une victoire pour la justice et pour toutes les femmes qui ont été victimes de violences domestiques », a déclaré sa petite-fille, Sarah Ellis, lors d'une conférence de presse. « Ma grand-mère n'aurait jamais dû être exécutée. »
Un symbole de l'abolition de la peine de mort
L'affaire Ruth Ellis a joué un rôle clé dans le débat sur la peine de mort au Royaume-Uni. Son exécution a suscité l'indignation publique et contribué à l'abolition de la peine capitale pour les meurtres en 1965, puis pour tous les crimes en 1998. Selon un sondage YouGov de 2023, 67 % des Britanniques estiment aujourd'hui que l'exécution d'Ellis était une erreur.
Les implications de la grâce
La grâce posthume n'annule pas la condamnation, mais elle reconnaît officiellement que la peine était inappropriée. La famille Ellis a annoncé son intention de demander une révision complète du dossier pour obtenir un acquittement. Cette décision pourrait également ouvrir la voie à d'autres demandes de grâces pour des cas historiques controversés.



