Le tribunal de commerce de Paris a rendu une décision favorable à Vincent Bolloré dans le litige l'opposant à des actionnaires minoritaires de Vivendi. Ces derniers contestaient la scission du groupe en plusieurs entités, une opération clé de la stratégie de l'homme d'affaires breton.
Une validation judiciaire attendue
Dans son jugement rendu le 8 juillet 2026, le tribunal a validé l'ensemble du processus de scission, rejetant les recours des minoritaires. Ces actionnaires, représentant environ 2,5% du capital, estimaient que l'opération lésait leurs intérêts et demandaient sa suspension. Le tribunal a estimé que la procédure respectait les règles de droit des sociétés et l'intérêt social de Vivendi.
Vincent Bolloré, qui contrôle Vivendi via sa holding Groupe Bolloré, a salué une décision qui « confirme la légalité de notre stratégie de recentrage ». Il a ajouté que « cette scission permettra de libérer de la valeur pour tous les actionnaires ».
Les détails de la scission contestée
L'opération prévoit la division de Vivendi en trois entités distinctes : une société de médias et de contenus (comprenant Canal+, Havas et Prisma Media), une société d'édition (avec Editis et ses filiales) et une société d'investissement (qui détiendra les participations dans Universal Music Group et autres actifs). Les actionnaires minoritaires, menés par le fonds activiste CIAM (Colette International Asset Management), dénonçaient une « opération à double détente » qui favoriserait le groupe Bolloré au détriment des petits porteurs.
Selon les termes de la scission, chaque actionnaire Vivendi recevra des actions dans les trois nouvelles entités proportionnellement à sa participation. Mais les minoritaires craignaient que la valorisation des actifs ne soit biaisée, permettant à Vincent Bolloré de renforcer son contrôle à moindre coût.
Un impact financier significatif
La décision du tribunal a un impact immédiat sur le cours de Bourse de Vivendi. L'action a bondi de 4,2% à la suite de l'annonce, à 24,15 euros, les investisseurs voyant d'un bon œil la clarification juridique. L'opération de scission, dont le coût est estimé à 150 millions d'euros, devrait être finalisée d'ici la fin de l'année 2026.
Les actionnaires minoritaires ont indiqué qu'ils pourraient faire appel de la décision. « Nous étudions toutes les voies de recours, y compris un appel devant la cour d'appel de Paris », a déclaré un représentant de CIAM. Une telle procédure pourrait toutefois prendre plusieurs mois et ne bloquerait pas la scission si le tribunal n'ordonne pas un sursis.
Une stratégie de recentrage assumée par Bolloré
Vincent Bolloré, âgé de 74 ans, poursuit son plan de simplification du groupe Vivendi, qu'il contrôle depuis 2014. La scission vise à donner plus de visibilité aux différentes activités et à permettre des alliances ou cessions futures. Le groupe a déjà cédé sa participation dans le groupe de télécoms Altice en 2025 pour 3,2 milliards d'euros.
L'homme d'affaires, connu pour son style direct et ses batailles juridiques, a déjà remporté plusieurs manches contre des minoritaires, notamment dans le cadre de la fusion entre Vivendi et Lagardère en 2023. Cette nouvelle victoire judiciaire renforce sa mainmise sur le conglomérat.



