Le clan Le Pen reprend la main sur la campagne du RN
Clan Le Pen reprend la main sur campagne RN

Marine Le Pen a repris les rênes de la campagne du Rassemblement National (RN) pour les législatives anticipées de 2024, marginalisant Jordan Bardella, selon des sources internes au parti. Cette décision intervient après des semaines de tensions entre les deux figures du parti, Le Pen estimant que la stratégie de Bardella était trop modérée et risquait de diluer l'identité du mouvement.

Une reprise en main brutale

Le 8 juillet 2024, lors d'une réunion stratégique au siège du RN, Marine Le Pen a annoncé qu'elle superviserait personnellement la campagne, reléguant Bardella à un rôle secondaire. Selon un cadre du parti, « Marine a estimé que les derniers sondages montraient une érosion de notre électorat traditionnel, et elle a décidé d’intervenir directement ». Les sondages internes, révélés par Libération, indiquent une baisse de 3 points des intentions de vote pour le RN en deux semaines, passant de 32 % à 29 %.

Les raisons du désaccord

Les tensions couvaient depuis plusieurs mois. Bardella, 28 ans, privilégiait une ligne plus centriste sur les questions économiques, tandis que Le Pen, 55 ans, insistait sur des thèmes identitaires forts comme l'immigration et la sécurité. « Jordan voulait moderniser notre discours, mais Marine considère que c'est une erreur », explique un proche de la présidente du RN. Le Pen aurait notamment critiqué les propositions de Bardella sur la fiscalité des entreprises, jugées trop libérales.

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Impact sur la campagne

Cette reprise en main a des conséquences immédiates. Le programme économique du RN a été revu pour inclure des mesures plus protectionnistes, comme le relèvement des droits de douane sur les importations chinoises. De plus, Le Pen a ordonné un recentrage des meetings sur les thèmes de l'identité nationale et de la lutte contre l'immigration clandestine. Selon un sondage Ipsos, 54 % des électeurs RN approuvent ce changement de cap, tandis que 28 % le désapprouvent.

Réactions internes

Au sein du parti, les réactions sont mitigées. « C'est un retour aux fondamentaux, c'est bien », se félicite un député RN sous couvert d'anonymat. À l'inverse, un proche de Bardella déplore : « On perd une occasion de séduire un électorat plus jeune et urbain. » Le Pen, de son côté, a justifié sa décision dans un entretien au Figaro : « Notre électorat attend de la cohérence et de la fermeté. Je ne laisserai personne diluer notre message. »

Conséquences pour Jordan Bardella

Jordan Bardella, qui était considéré comme le dauphin, voit son influence réduite. Il conserve son poste de secrétaire général, mais ses prérogatives sont limitées. Selon des sources, il pourrait même être écarté de la tête de liste pour les européennes de 2024. « Marine ne veut pas d'un rival trop puissant », analyse un politologue. Bardella n'a pas commenté publiquement cette situation.

Perspectives électorales

À trois semaines des législatives, le RN reste donné favori, mais la marge se resserre. Le parti est crédité de 29 % des intentions de vote, contre 27 % pour la coalition présidentielle et 24 % pour la gauche unie. Le Pen mise sur une campagne agressive pour regagner les voix perdues. « Nous allons mener une bataille idéologique sans concession », a-t-elle déclaré lors d'un meeting à Marseille.

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