La botte secrète des chauves-souris pour résister aux virus
Botte secrète des chauves-souris contre les virus

Les chauves-souris sont connues pour héberger de nombreux virus, comme le coronavirus, sans développer de symptômes. Une nouvelle étude, publiée dans Cell, dévoile le mécanisme qui leur confère cette résistance exceptionnelle. Selon les chercheurs, leur système immunitaire ne déclenche pas de réponse inflammatoire excessive, ce qui évite les lésions tissulaires.

Un mécanisme antivirus puissant et contrôlé

L'équipe de l'Université de Californie à Berkeley a analysé le génome de plusieurs espèces de chauves-souris. Ils ont découvert que ces mammifères volants possèdent une version modifiée du gène STING, impliqué dans la détection des virus. Cette mutation permet une activation plus rapide de l'interféron, une protéine antivirale, mais sans inflammation excessive.

« Les chauves-souris ont développé un équilibre unique : elles peuvent tuer les virus sans se nuire à elles-mêmes », explique le Dr. Cara Brook, auteure principale de l'étude. « Cela pourrait inspirer de nouvelles thérapies pour les humains, où une réponse immunitaire trop forte est souvent dangereuse. »

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Implications pour la recherche médicale

Cette découverte pourrait aider à comprendre pourquoi certaines personnes développent des formes graves de maladies virales comme la COVID-19. Les chercheurs espèrent que l'étude des chauves-souris permettra de développer des traitements qui modulent la réponse immunitaire humaine.

Les chauves-souris sont également capables de réparer leur ADN plus efficacement, ce qui pourrait expliquer leur longue durée de vie par rapport à leur taille. « Elles ont une espérance de vie de 30 à 40 ans, soit dix fois plus que d'autres mammifères de leur taille », précise le communiqué de l'université.

Des adaptations évolutives clés

L'étude montre que ces adaptations sont apparues il y a des millions d'années, probablement en lien avec le vol. Le vol nécessite une température corporelle élevée et un métabolisme intense, ce qui génère du stress oxydatif. Les chauves-souris ont donc développé des mécanismes de réparation cellulaire très performants.

« Le vol a poussé les chauves-souris à évoluer vers une meilleure gestion des dommages cellulaires, ce qui les aide aussi à combattre les virus », ajoute le Dr. Brook. Ces résultats pourraient avoir des applications en médecine régénérative et en gérontologie.

Les chercheurs préviennent toutefois que la manipulation des chauves-souris ou de leurs virus est dangereuse et doit être réservée à des laboratoires sécurisés. Ils soulignent que ces animaux jouent un rôle crucial dans les écosystèmes et qu'il faut les protéger.

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