Kamel Ouali dévoile les secrets du retour triomphal du Roi Soleil
Kamel Ouali dévoile les secrets du retour du Roi Soleil

Un retour triomphal. Vingt ans après une première version, la comédie musicale « Le Roi Soleil » revient sur scène, avec des dates à Nice et Toulon. Un succès que décrypte pour nous le chorégraphe et metteur en scène, qui vient par ailleurs de s'installer à Nice, Kamel Ouali.

Dès les premières notes de chansons comme « Être à la hauteur » ou « Je fais de toi mon essentiel », un frisson parcourt la salle. Immédiatement, le public reprend les paroles en chœur. C'était fin janvier, au Dôme de Marseille, qui accueillait le lancement de la comédie musicale « Le Roi Soleil, le retour ». Vingt ans après sa création, le Roi Soleil est à nouveau sur scène. Avant son passage au palais Nikaïa de Nice les 20 et 21 juin, puis au Zénith de Toulon en avril 2027, Kamel Ouali nous dévoile les coulisses de cette renaissance. Lui qui, par ailleurs, jouera à domicile à Nice, puisqu'il vient de s'installer sur les bords de la Promenade des Anglais... « Nice, c'est quand même une ville très belle. C'est cosmopolite, il y a la mer, le soleil », sourit-il, déjà comme chez lui.

Qu'est-ce qui est le plus difficile : créer un spectacle de A à Z ou le reprendre des années plus tard ?

« Ah… c'est une très bonne question. (il réfléchit) Honnêtement, ce sont des exercices très différents. La difficulté, c'était de se dire : « Bon, on ne va pas refaire la même chose qu'il y a 20 ans. » Mais, en même temps, on ne voulait pas décevoir les gens qui avaient aimé la version précédente et qui voulaient retrouver certaines choses. Le plus beau compliment qu'on nous fait, c'est quand on nous dit que c'est le même spectacle, mais en plus, plus, plus. Si des choses ont changé, les codes sont les mêmes et on a gardé des moments phares que les gens voulaient revoir. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Quel a été le déclic pour relancer Le Roi Soleil, 20 ans après ?

« Alors, on avait failli le remonter pour les 15 ans, mais ça ne s'est pas fait. Et puis, cette fois, on s'est dit : « Il faut qu'on le fasse. » La raison est simple : pour Dove Attia [le producteur, ndlr] comme pour moi, il n'y a pas une seule journée où l'on ne nous parle du Roi Soleil. Que ce soit dans la vraie vie ou sur les réseaux sociaux, ça revient tout le temps. On savait qu'il y avait une vraie envie, même si le succès qu'on vit aujourd'hui nous dépasse tous. Mais ça fait beaucoup de bien à l'ego. (rires) On se dit : « Waouh, on revit cette folie qu'on a connue il y a 20 ans. » »

Emmanuel Moire reprend le premier rôle. Était-ce une condition fondamentale ?

« On avait très envie que Manu revienne. Pour être très honnête, je pense que s'il n'avait pas voulu, on l'aurait quand même fait mais on est très, très heureux qu'il soit là. Il apporte quelque chose de différent au personnage par rapport à il y a 20 ans : davantage de maturité. On a pu aller plus loin. Pour lui, mais aussi pour les autres. On parle d'Emmanuel, mais je suis tellement fier de ce nouveau casting. On avait eu une distribution originale exceptionnelle et c'était compliqué de repartir avec une nouvelle équipe. On n'avait pas envie de décevoir, car les gens avaient une idée très précise de chacun des personnages. »

Est-ce que cette nouvelle version vous a permis d'aller vers des choses que vous n'aviez pas osé faire il y a 20 ans ?

« Je suis un metteur en scène qui vient de la danse. Et c'est vrai que je ne faisais pas suffisamment confiance au théâtre. C'est le cas aujourd'hui. Il y a davantage de passages joués. L'idée, c'était d'étoffer les personnages, surtout les personnages féminins. Avant, le roi n'était que le roi. On ne parlait pas assez de l'homme, de sa relation avec son frère, qui n'était pas suffisamment exploitée. Tout cela a été retravaillé. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

À la manière de Didier Deschamps, vous avez dû composer un groupe capable de vivre ensemble. Quels étaient vos critères ?

« Très souvent, on ne connaît pas les artistes. Pour les cerner humainement, on essaie de leur poser des questions, on les voit plusieurs fois, on observe comment ils évoluent. Mais avant tout, la question est de savoir : est-ce qu'il est le personnage ? Est-ce qu'il est capable de relever le défi ? Chante-t-il suffisamment bien ? Est-ce qu'il sait jouer la comédie ? Pour les chanteurs comme pour les danseurs, c'est un travail de sportif de haut niveau. Il faut tenir le rythme des représentations chaque semaine. C'est pour cela que nous avons également organisé des ateliers de danse, de comédie et de chant, dans un théâtre ou dans un studio. Il nous est arrivé d'avoir des coups de cœur et, au final, de nous dire : « Il ne tiendra pas. » »

Était-il nécessaire pour vous qu'ils connaissent la première version de la comédie musicale ?

« Je n'ai jamais posé la question pendant les castings. Et il s'est avéré que, pendant les répétitions, certains se mettaient à pleurer. On leur demandait : « Mais pourquoi ? Qu'est-ce que tu as ? » Ils nous répondaient : « Je suis en train de vivre mon rêve. C'est ce spectacle-là qui m'a donné envie de faire ce métier. » C'est notamment le cas de Margaux Heller. On a aussi un danseur qui était dans la compagnie d'Angelin Preljocaj et qui est venu passer le casting en nous disant : « Vous ne vous rendez pas compte, j'étais fan de ce spectacle. J'ai le DVD, je pense que j'ai dû le voir 400 fois... » »

Parmi les danseurs, vous mélangez les styles. Votre marque de fabrique ?

« Je pense être le premier chorégraphe en France à avoir amené la danse hip-hop sur les grandes scènes. Au début de ma carrière, quand je mélangeais danseurs contemporains ou modernes avec danseurs hip-hop, ils se faisaient la tête ! Les danseurs classiques ou contemporains considéraient que les danseurs hip-hop n'étaient pas vraiment des danseurs. Et les danseurs hip-hop n'avaient pas envie d'entrer dans quelque chose de plus écrit. Mais après, ils devenaient les meilleurs amis du monde. À chaque fois, j'ai des danseurs qui viennent de tous les univers. »

Les décors occupent une part importante du spectacle avec des projections. L'avancée technologique permet-elle davantage de choses ?

« Oui, mais j'avais envie d'avoir de vrais décors de théâtre. Ces projections vidéo nous aident à passer d'un univers à l'autre très rapidement. Mais je n'avais pas envie que ce soit juste un écran. J'avais vraiment envie que ça bouge, que cela fasse partie de la mise en scène. Voilà pourquoi nous avons ces tours de sept tonnes chacune, sur lesquelles sont intégrés de grands écrans. Le décor fait vraiment partie intégrante de la mise en scène. Ces tours sont des personnages supplémentaires. »

Le Roi Soleil, le retour, les 20 juin à 15h et 20h30 et 21 juin à 15h au palais Nikaïa de Nice. À partir de 35 euros. Au Zénith de Toulon, samedi 3 avril 2027 à 15h et 20h30. À partir de 35 euros.