Laura Calu et Sandrine Sarroche : l'héritage de Coluche 40 ans après
Héritage de Coluche : les humoristes varoises témoignent

Dans le paysage des humoristes français, les Varoises Laura Calu et Sandrine Sarroche ont su se faire une place de choix. Quarante ans après la disparition de Coluche, elles évoquent ce qui les a marquées et émues chez le célèbre comédien.

Laura Calu : « Un humoriste est un bouffon qui se fout de la gueule du roi »

Originaire de Correns, Laura Calu a été influencée par Coluche dès son plus jeune âge. Repérée sur les réseaux sociaux pour ses personnages hauts en couleur, elle a présenté son premier spectacle « En grand » en 2018 au théâtre Colbert à Toulon. Depuis 2023, elle joue son deuxième spectacle « Senk », en référence à son vrai nom. À 36 ans, elle boucle sa troisième saison et en enchaînera une quatrième à l’automne prochain, avant de se consacrer à l’écriture d’un nouveau spectacle.

« Coluche, je l’ai un peu dans les veines, confie-t-elle. À la maison, c’était une référence et mon papa, qui a 74 ans, en est toujours fan. » Chez elle, entre une vieille publicité pour un rasoir, un lapin en plâtre et deux masques mortuaires mexicains, trône la pochette d’un 33 tours des Interdits de Coluche. « Dans mon spectacle, je parle d’autocensure et de liberté de ton. Je tape sur les vieux, les célibataires, les handicapés, les HPI, les gens de Dubaï… Un humoriste doit se permettre de dire ce qu’il veut, mais aujourd’hui, trop d’artistes s’autocensurent. Un humoriste est avant tout un clown qui fait rire avec nos pires travers, un bouffon qui se fout de la gueule du roi. C’est là que je ressens du Coluche en moi. Et c’est dans sa simplicité et son humanité qu’il m’a le plus inspirée. Par son envie d’aimer son public et de se battre pour des causes proches du peuple. Ce n’était pas un artiste qui se la pétait. Pour lui, rien n’était gratuit. C’est un exemple d’humanité et les plus gentils sont souvent les plus méchants sur scène. »

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Parfois comparée au maître, Laura Calu ne veut pas s’attarder sur ses penchants misogynes ou polémiques. « Si on réécoute tout Coluche, on trouvera plein de blagues borderline. Un boulanger peut rater son pain et moi une blague, et c’est très agaçant quand on la sort de son contexte. Je me bats contre ça. »

Sandrine Sarroche : « Il ne riait pas contre, il riait avec »

Le jour où Coluche est mort sur cette route d’Opio, Sandrine Sarroche n’avait que 16 ans. « Je me souviens de la sidération de ma famille, c’était du même ordre que la chute des tours jumelles de New York. » Devenue avocate puis juriste, la Toulonnaise décide d’embrasser la carrière de comédienne à l’orée de ses 30 ans. Adepte du chant et de l’humour, Paris Première, RTL puis C à vous (France 5) lui confient des chroniques. Depuis septembre, elle intervient sur Télématin (France 2). En janvier 2027, elle se produira au Casino de Paris, mais le 9 juillet, les Varois pourront l’applaudir au Festival de Clair-Val à Carqueiranne.

Sa référence à elle, c’est davantage Sylvie Joly. « Parce qu’elle était une femme, plus intello avec un côté bourgeois qui me fascinait. Mais Coluche avait cette faculté à faire rire de tout, de politique, de faits de société et de lessives. Il restait populaire avec un spectre très large. Il avait aussi beaucoup de férocité qui passait grâce à sa bonhomie. Il ne riait pas contre mais avec. Ce que je retiens surtout, c’est sa générosité sur scène. Il a montré à tous les artistes qui lui ont succédé que cette valeur est primordiale. »

Sandrine Sarroche note également que l’humour de Coluche est ancré dans son époque. La preuve ? « Il est censuré par les radios. La plupart de ses sketchs sur les Juifs, les Noirs et les Arabes ne passent pas. Il se moquait également des femmes mais il les faisait rire. Ça allait avec l’époque. Il riait de tout et s’inspirait de tout ce qu’il entendait et glanait. Dans le métier, notamment dans le cabaret, il avait d’ailleurs une réputation de grand pilleur de vannes. Ses vrais héritiers, ce sont les Brèves de comptoir ! »

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