Dracula de Tod Browning : Béla Lugosi, un comte fascinant
Dracula : Béla Lugosi, un comte fascinant

Ce soir à 22h sur TCM Cinéma, les téléspectateurs pourront redécouvrir le Dracula de Tod Browning (1931), un film d'épouvante qui, malgré ses imperfections, reste une pierre angulaire du genre grâce à l'interprétation magistrale de Béla Lugosi. Ce dernier, acteur hongrois de 49 ans, n'avait connu qu'une carrière discrète dans une cinquantaine de productions obscures avant de rencontrer le succès en incarnant le comte sur les planches de Broadway. Son charisme unique a marqué à jamais l'imaginaire collectif, au point que son nom est indissociable du personnage.

Un film bavard et statique mais un acteur hypnotique

Comparé à la superbe esthétique expressionniste de Frankenstein (1931) de James Whale et à l'interprétation de Boris Karloff, rendant palpable la solitude du monstre sans dialogue, le film de Tod Browning fait pâle figure. Adaptant non pas le chef-d'œuvre de Bram Stoker mais une pièce de Broadway, ce Dracula est sans conteste bavard et statique, dépourvu de la frénésie hallucinatoire des mélodrames muets de Browning comme l'Inconnu (1927) avec Lon Chaney. Pour Tod Browning, l'horreur n'avait rien de surnaturel, naissant plutôt dans la cruauté humaine, comme il l'expose dans Freaks (1932), avec ses phénomènes de foire subissant l'intolérance.

Un dandy d'outre-tombe

Pourtant, ce Dracula fascine toujours, en grande partie grâce à Béla Lugosi. Son vampire devient un dandy décadent, dont le besoin de sang relève plus d'une pathologie étrange que d'une malédiction séculaire. Il faut le voir, en frac et haut-de-forme, se repaître d'une petite marchande de fleurs avant de se rendre à l'Opéra. Aucune morsure explicite n'étant visible à l'écran, Tod Browning ne pouvait compter que sur le charisme de l'acteur pour rendre crédible son personnage. Lugosi possédait une gestuelle parfaite : mouvements de mains hypnotiques et effets de cape allant du drapé romain à l'aile de chauve-souris. Sa diction lente et menaçante rendit inoubliables certaines répliques comme « I never drink… wine ».

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Un héritage poétique et populaire

Avec ses cheveux gominés, son teint blême et ses lèvres maquillées, Lugosi évoquait une version d'outre-tombe de Rudolph Valentino et recevait des tombereaux de lettres d'admiratrices. Si, en 1958, dans le Cauchemar de Dracula, Christopher Lee révolutionna le genre avec son incarnation vigoureuse et sexuelle du vampire, l'élégant Béla Lugosi demeure avant tout une créature poétique. C'est en son hommage que l'héroïne de Twilight se nomme Bella Swan. Le film, d'une durée de 1h11, sera diffusé en multidiffusion et à la demande.

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