Denis Côté : « Le réalisme social ne m'intéresse plus du tout »
Denis Côté : « Le réalisme social ne m'intéresse plus »

Denis Côté, cinéaste québécois, affirme sans détour : « Le réalisme social ne m'intéresse plus du tout. J'aime avoir un pied en dehors du monde. » Cette déclaration, faite à l'occasion de la sortie de son nouveau film, marque une rupture nette avec une certaine tradition du cinéma engagé. Le réalisateur, connu pour des œuvres comme Boris sans Béatrice ou Wilcox, semble vouloir explorer des territoires plus singuliers, loin des préoccupations immédiates de la société.

Un cinéaste en quête d'altérité

Dans cet entretien accordé à Libération, Denis Côté revient sur son parcours et ses choix esthétiques. Il explique que son intérêt pour les marges, les personnages atypiques, et les situations décalées a toujours existé, mais qu'il s'est accentué avec le temps. « Je me sens plus à l'aise dans l'étrangeté, dans ce qui ne colle pas tout à fait aux attentes », confie-t-il. Cette approche se retrouve dans son dernier long-métrage, dont il ne dévoile pas le titre, mais qu'il décrit comme « une fable contemplative ».

Une rupture assumée avec le réalisme social

Le réalisme social, qui a marqué le cinéma québécois des années 80 et 90, notamment avec des figures comme Denys Arcand ou Pierre Falardeau, ne fait plus recette auprès de Côté. Il critique une certaine forme de cinéma qui « se contente de refléter la réalité sans la transcender ». Pour lui, le cinéma doit proposer une expérience sensorielle et intellectuelle, plutôt que de servir de simple documentaire sur les maux de la société. « Je veux que le spectateur soit déstabilisé, qu'il se demande ce qu'il regarde », ajoute-t-il.

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Un pied en dehors du monde : une position assumée

Cette position, qui pourrait être perçue comme un repli, est pour lui une nécessité artistique. « J'aime avoir un pied en dehors du monde, car cela me permet de voir les choses avec un regard neuf », explique-t-il. Cette distance lui permet d'aborder des thèmes universels comme l'isolement, la nature, ou la condition humaine, sans tomber dans le misérabilisme. Son cinéma, souvent tourné en extérieur, avec des acteurs non professionnels, se veut une « expérience immersive ».

Un cinéma de l'épure

Denis Côté revendique une esthétique minimaliste, où les dialogues sont rares et où l'image prime. « Le cinéma, c'est d'abord des images, des sons, des silences », rappelle-t-il. Cette approche a fait sa signature, mais elle a aussi pu dérouter certains spectateurs. Malgré tout, le réalisateur assume ses choix et refuse de céder aux pressions du marché. « Je ne fais pas des films pour plaire à tout le monde, mais pour ceux qui acceptent de se laisser porter », conclut-il.

Le nouveau film de Denis Côté, dont la sortie est prévue dans les prochains mois, s'annonce comme une œuvre singulière, fidèle à sa vision. Le réalisateur poursuit ainsi son exploration d'un cinéma à la marge, qui interroge notre rapport au monde sans jamais se laisser enfermer dans les codes du réalisme social. Une démarche qui, selon lui, est plus que jamais nécessaire à l'heure où le cinéma mondial tend à se standardiser.

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