La Feria de Béziers s'ouvre avec les toros d'El Parralejo, un élevage andalou créé en 2007 et devenu une référence mondiale, couronné cette saison du Prix de la meilleure corrida à Séville. Ce samedi, sur le Plateau de Valras, les toros de la famille Moya affronteront David de Miranda, Alejandro Talavante et Sébastien Castella, ce dernier ayant coupé trois oreilles face à cet élevage l'an dernier à Arles.
Une ascension fulgurante depuis 2007
L'histoire d'El Parralejo commence en 2005, lors des Sanfermines à Pampelune. "Pepe" Moya, entrepreneur enrichi dans l'industrie des détergents et ancien dirigeant du Betis Séville, réalise son rêve de devenir ganadero autour d'un dîner avec ses amis Borja Domecq (Jandilla) et Ricardo Gallardo (Fuente Ymbro). Il acquiert 125 vaches et 4 étalons issus de ces deux prestigieux fers. En 2007, le cheptel s'installe dans la finca sévillane d'El Parralejo, sur la commune de Zufre, près des terres de Juan Pedro Domecq.
Rafael Molina, ancien propriétaire de l'élevage Javier Molina, devient l'architecte de cette aventure qui s'impose rapidement dans le circuit des novilladas. Dès 2011, un brave est primé d'une vuelta à Castellón. L'année suivante, un triomphe à Pampelune confirme le potentiel, suivi de deux novillos honorés d'une vuelta à Valence.
Un passage réussi dans le circuit des corridas
Le passage au rang des corridas en 2017 est une réussite grâce à Rabanito, sacré meilleur toro de la Feria de San Sebastián. Depuis, El Parralejo s'installe durablement sur l'échiquier taurin, séduisant l'aficionado exigeant tout en permettant au torero de s'exprimer. Cette même année, Pepe Moya déplace ses braves vers Aracena, au nord de Séville, après le rachat de l'ancienne propriété de Manolo González.
Le domaine "Monte San Miguel" est un véritable joyau : 250 vaches y sont élevées dans des pâturages luxuriants, entourant une arène flambant neuve et une bâtisse de 1 200 m² signée Aníbal González, l'architecte de la Place d'Espagne à Séville.
Au sommet de la hiérarchie taurine
Après la disparition de son fondateur en 2021, son fils Javier reprend le flambeau, fidèle au dogme paternel : la qualité l'emporte sur la quantité, avec un rythme de six corridas par an. Dès 2022, les toros de la famille Moya rivalisent avec leurs cousins de Jandilla et Fuente Ymbro lors de leurs débuts dans les deux ferias majeures de la planète. Résultat : le Prix du meilleur toro de la San Isidro à Madrid et celui de la Feria d'avril à Séville, complétés par le trophée de la meilleure corrida à La Maestranza.
Cette saison encore, le fer a décroché le Prix de la meilleure corrida de Séville, ex æquo avec García Jiménez. C'est précisément face à ces toros que David de Miranda a ouvert sa seconde Porte du Prince à Séville pour remporter son titre de triomphateur.
Une ouverture prometteuse malgré un avis sévère
Pour la corrida d'ouverture au Plateau de Valras, la présence de ces braves face à David de Miranda, Alejandro Talavante et Sébastien Castella promet de beaux moments, même si la commission taurine a émis un avis sévère sur la qualité de présentation du lot biterrois. Les trois toreros devront composer avec des toros sérieux, qui exigent technique et courage.



