À la Sud de France Arena, ce jeudi 13 août, l'équipe du Sénégal de pétanque participe à l'Odyssée des Nations, une compétition organisée dans le cadre du Mondial Montpellier 3M. La triplette sénégalaise, composée de Babacar Dieng, Lamine Kane et Brahim Derwiche, représente le pays, mais aussi la boule Africaine. Cependant, le président de la fédération sénégalaise de pétanque, Brahim Derwiche, rappelle que la discipline reste confrontée à des obstacles majeurs, notamment le coût élevé du matériel : « Un jeu de boules vaut un mois de salaire. »
Une progression notable malgré les difficultés
La pétanque est arrivée en Afrique de l'Ouest à l'époque de la colonisation et continue de se développer, bien que timidement. Freinée par la lutte et le football, qui monopolisent l'attention, cette discipline voit tout de même naître de grands champions. L'équipe sénégalaise s'est hissée petit à petit dans le gratin du circuit, au point de se qualifier pour les championnats du monde de triplet qui se dérouleront mi-novembre en Thaïlande. Lamine Kane, champion d'Afrique en doublette 2024 et en triplette 2025, et Babacar Dieng feront partie du voyage en Asie.
Des moyens limités et des visas difficiles à obtenir
Brahim Derwiche, ancien président de la Confédération Africaine de Sport Pétanque (CASP), déplore un « manque de considération » pour ce sport, qui dispose de moyens très limités, encore plus sur le continent africain. « On s'organise de mieux en mieux, mais la grosse difficulté, c'est l'obtention des visas pour les tournois à l'étranger. Au pays, la pétanque est aussi un sport qui coûte cher. Un jeu de boules vaut un mois de salaire. Tout le monde travaille à côté, moi y compris », explique-t-il.
Des ateliers de formation et des rêves réalisés
Durant ses deux mandats à la tête de la fédération, Brahim Derwiche a décroché deux titres de champions d'Afrique, grâce à « un travail de formation et d'initiation ». Il précise : « On réalise depuis des années des ateliers à Saly (au sud de Dakar), c'est d'ailleurs comme ça qu'on a recruté Lamine. » Lamine Kane, 31 ans, raconte : « Il est venu me chercher à 10 ans. J'ai commencé comme ça, puis l'appétit vient en mangeant. » Il a d'abord joué par hasard, avant de prendre du plaisir et de se lancer réellement dans la compétition.
Le président salue les qualifications régulières de son pays : « Nous sommes présents sur les championnats mondiaux, c'est une immense fierté. J'ai réalisé des rêves en emmenant nos filles qui n'avaient jamais pris l'avion, ni même quitté le Sénégal. »
Une dernière répétition avant la Thaïlande
Venus en exhibition, les Sénégalais ne portent que peu d'attention à leur résultat. Après de mauvais débuts, la triplette a été reversée dans le tournoi B, où elle s'est contentée d'honorer une dernière répétition avant novembre. « L'idée c'était d'amener mes deux joueurs ici pour voir comment ils gèrent et réagissent à la pression », explique Brahim Derwiche, qui passera la main après deux mandats réussis.



