Rachida Dati abandonne la réorganisation du Louvre et annonce 17 mesures de réforme
La ministre de la Culture Rachida Dati a officiellement renoncé à la réorganisation en profondeur du Louvre, une mission qu'elle avait elle-même lancée fin décembre. Cette décision a été actée lors d'une audition à huis clos devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la sécurité des musées, tenue loin du regard du public. À quelques jours de son départ du gouvernement pour briguer la mairie de Paris, cette audition était très attendue, mais le président de la commission, le député LR Alexandre Portier, a décrété le huis clos pour « préserver la sérénité des débats », une mesure qui a mécontenté certains de ses pairs.
L'abandon de la mission de réorganisation
Selon les éléments recueillis, Rachida Dati a confirmé l'abandon de la mission de réorganisation « en profondeur » du Louvre, initialement confiée à Philippe Jost, superviseur du chantier de restauration de Notre-Dame. Cette mission, qui devait fournir des premières recommandations fin février, n'a jamais débuté ses travaux. Alexandre Portier a expliqué que « la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », ajoutant que la gouvernance du musée fait l'objet d'une « réorganisation en cours ». Le rapporteur de la commission, Alexis Corbière (ex-LFI), a précisé que « il n'y a plus de Philippe Jost » et que la ministre a justifié cet abandon par le mouvement social mené depuis mi-décembre par le personnel du Louvre pour de meilleures conditions de travail, bien que Corbière ait estimé que « on ne voit pas trop le lien entre les deux ».
Les 17 mesures de réforme et les enjeux de sécurité
Lors de son audition, Rachida Dati a assuré que « 17 mesures » étaient en cours pour réformer le Louvre, le musée le plus visité au monde, qui accumule les revers depuis le cambriolage de joyaux de la Couronne le 19 octobre. Ces revers incluent la fermeture d'une galerie pour insalubrité et une enquête sur un réseau de fraude à la billetterie. Cependant, le détail de ces mesures n'a pas pu être précisé immédiatement, et l'entourage de la ministre n'a pas répondu aux sollicitations. La ministre a convenu de la nécessité d'un « renforcement des moyens de contrôle de la tutelle » sur le musée, questionnant l'autonomie excessive de l'établissement, comme l'ont rapporté Alexandre Portier et Alexis Corbière.
Les réactions et les prochaines étapes
Le huis clos décrété pour l'audition de Rachida Dati a suscité des réactions mitigées au sein de la commission, certains membres le qualifiant d'« incompréhensible » tandis que d'autres le soutenaient comme un moyen d'« aller au fond des sujets ». Il s'agissait de la première mesure de ce type depuis le début des travaux de cette commission, constituée après le cambriolage et ayant procédé à plus de 70 auditions. Ses conclusions sont attendues en mai. Par ailleurs, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, fragilisée par le cambriolage et la mise au jour de dysfonctionnements, doit être entendue mercredi par cette même commission. Alexandre Portier a indiqué que le huis clos n'était « pour l'heure » pas envisagé pour cette audition, la situation étant selon lui « différente » de celle de Rachida Dati, engagée dans une bataille pour la mairie de Paris. Après le cambriolage, Rachida Dati avait refusé la démission de Laurence des Cars mais avait ordonné une enquête administrative, révélant d'importants manquements en matière de sécurité et contraignant le musée à prendre des mesures d'urgence.



