À Berlin, une exposition inédite met en lumière la réalité de la répression en Iran, à travers les yeux d'artistes exilés et de témoignages poignants. Intitulée « La danse macabre des amoureux des mollahs », cette manifestation culturelle se tient dans une galerie du quartier de Kreuzberg et rassemble une trentaine d'œuvres, allant de la peinture à la vidéo, en passant par des installations immersives.
Un cri artistique contre la terreur
L'exposition, organisée en collaboration avec des associations de défense des droits humains, vise à dénoncer la violence du régime iranien, notamment à l'encontre des femmes et des minorités. Les artistes, pour la plupart Iraniens exilés en Allemagne, y expriment leur colère et leur espoir. « Nous voulons montrer au monde ce qui se passe réellement en Iran, loin des discours officiels », explique Sara, une des commissaires de l'exposition, elle-même exilée.
Parmi les œuvres présentées, une installation vidéo immersive plonge le visiteur dans les rues de Téhéran, où des femmes brûlent leur voile en signe de protestation. Une autre œuvre, une sculpture faite de cintres métalliques, évoque les pendaisons publiques qui ont marqué l'histoire récente du pays.
Un témoignage bouleversant
L'exposition est également l'occasion de découvrir des témoignages de victimes de la répression, recueillis par des ONG. Ces récits, souvent bouleversants, sont présentés sous forme de textes et d'enregistrements audio. « Chaque histoire est unique, mais toutes racontent la même souffrance », confie un visiteur, ému.
La scénographie, pensée par des architectes berlinois, joue sur les contrastes : des espaces sombres et étroits succèdent à des salles claires et ouvertes, symbolisant le passage de l'oppression à la liberté. Des citations de poètes iraniens, comme Forough Farrokhzad, sont inscrites sur les murs, rappelant que la culture est une arme de résistance.
Un événement qui fait écho à l'actualité
Cette exposition arrive à un moment crucial, alors que les manifestations en Iran se poursuivent malgré une répression féroce. Selon les Nations unies, plus de 500 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de protestation en septembre 2022, et des milliers d'autres ont été arrêtées. « L'art est notre manière de crier notre refus de l'oubli », déclare un autre artiste exposant, qui préfère garder l'anonymat par peur de représailles contre sa famille restée en Iran.
La galerie, qui accueille gratuitement les visiteurs, a déjà attiré plus de 2 000 personnes en deux semaines. Des débats et des rencontres avec des artistes sont organisés chaque week-end, afin de favoriser le dialogue et la prise de conscience.
Un appel à la solidarité internationale
Les organisateurs espèrent que cette exposition incitera les gouvernements européens à adopter des mesures plus fermes à l'égard de l'Iran. « Nous demandons que les sanctions soient renforcées et que les responsables de ces crimes soient traduits en justice », insiste Sara. L'exposition se tient jusqu'au 30 avril, avant de partir en tournée dans d'autres villes européennes, dont Paris et Londres.
En attendant, les visiteurs repartent avec une impression durable, celle d'avoir touché du doigt une réalité souvent ignorée. « C'est un choc nécessaire », conclut une jeune étudiante berlinoise, encore sous le choc.



