Philippe Geluck abandonne son projet de musée du Chat à Bruxelles
Geluck abandonne le musée du Chat à Bruxelles

Le dessinateur belge Philippe Geluck, père du célèbre Chat, a annoncé qu'il ne mènera pas à son terme le projet d'ouvrir un musée à Bruxelles dédié à son personnage emblématique et au dessin d'humour. La raison invoquée : une explosion des coûts du chantier. « Les crises, les guerres, Ormuz... Tout cela a fait exploser les prix par rapport aux devis réalisés en 2016. La facture a quasiment doublé. Je me suis retiré » du projet, a-t-il déclaré.

Un projet devenu irréalisable

« Ce n'est pas un caprice, c'est simplement injouable, l'équation est impossible à résoudre pour moi », a ajouté le dessinateur, évoquant des coûts d'aménagement à sa charge passés de 4,5 à 7 millions d'euros en dix ans. Geluck a également regretté le retard pris par le chantier de « gros œuvre » (hors aménagement intérieur) dans le bâtiment réhabilité et mis à disposition par la région Bruxelles-Capitale, partenaire du projet.

Le rêve brisé d'un musée prestigieux

Le Chat est l'une des grandes références de la bande dessinée belge. Ses traits d'humour et réflexions sur le monde ont donné lieu à 25 albums depuis la création du personnage dans les années 1980. Le Musée du Chat et du dessin d'humour, appellation retenue lors de l'annonce officielle du projet en 2015, devait initialement ouvrir ses portes en 2019, dans le cœur touristique de Bruxelles, tout près du palais royal. « Pour un enfant né à Bruxelles, on ne peut rêver d'un endroit plus prestigieux », avait commenté Philippe Geluck à l'été 2015.

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Mais les travaux ont pris énormément de retard, au point de faire douter le dessinateur, qui devait être le futur locataire du bâtiment, que son propriétaire, la région, respecte un jour la date de remise des clefs. « Maintenant ils disent septembre (2026), mais je parie que ce ne sera pas avant décembre, il reste beaucoup de choses à faire », a poursuivi Geluck.

La région déplore une décision unilatérale

De son côté, la région a déploré que le dessinateur « retire la prise lui-même dans le dernier kilomètre du marathon ». Le coût du chantier a également explosé pour la collectivité, « à 15 millions d'euros au lieu de quatre millions » prévus au départ, a précisé Arnaud Carlot, conseiller du chef de l'exécutif régional Boris Dilliès sur ce dossier. Il a confirmé que Geluck s'efforce désormais d'aider la région à trouver un repreneur pour le lieu, qui reste dédié à un projet de musée. Mais le dossier est néanmoins entre les mains d'avocats pour l'analyse des modalités de rupture de la convention de partenariat, selon le conseiller.

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