Présenté en avant-première au Festival d'Annecy, le film d'animation « L'île des souvenirs » met en scène l'amitié indéfectible de deux jeunes filles, Jo et Raissa, tout en rendant hommage à la culture des Philippines. Le long-métrage, produit par DreamWorks, est le fruit de la complicité entre les réalisateurs Joel Crawford et Januel P. Mercado, qui ont travaillé ensemble pendant dix ans, notamment sur « Le Chat Potté 2 ».
Une amitié de dix ans à l'origine du projet
Joel Crawford et Januel P. Mercado se sont rencontrés il y a dix ans et ont découvert qu'ils se complétaient parfaitement. « Nous ne sommes ni l'une ni l'autre mais un peu de chacune », confient-ils à propos des héroïnes. C'est cette complémentarité qui les a poussés à créer un film original, en hommage à leur complicité professionnelle et amicale.
Dans le récit, Jo et Raissa, amies d'enfance, sont sur le point d'être séparées à l'aube de l'âge adulte. Elles sont alors happées dans un monde étrange, l'île des souvenirs, dont elles ne pourront sortir qu'en cédant leurs souvenirs de complicité à une sorcière solitaire. « Nos souvenirs font partie intégrante de notre personnalité, insiste Joel Crawford. Y renoncer, c'est abandonner une partie constitutive de nous-même. »
La mythologie philippine à l'honneur
Les réalisateurs ont choisi de placer la culture des Philippines au cœur du récit. « Je suis originaire des Philippines et l'épouse de Joel aussi, explique Januel P. Mercado. On s'est inspirés de cette mythologie avec le désir de la faire connaître au plus grand nombre. » Les créatures qui peuplent l'île, appelées « Aswang », sont à la fois belles et originales, capables de changer d'apparence, ce qui les rend tantôt drôles, tantôt inquiétantes.
« Ces créatures nous ont paru intéressantes, non seulement parce qu'elles sont amusantes à animer mais aussi parce qu'elles ressentent le même genre d'émotions que les êtres humains ce qui les rend à la fois familières et uniques », précise Januel P. Mercado. L'adolescent qui se transforme en chien illustre parfaitement ce phénomène, tout comme la « Manananggal », une enchanteresse impressionnante que fuient les héroïnes.
La liberté créative de DreamWorks
Les studios DreamWorks ont produit « L'île des souvenirs » en accordant une grande liberté aux créateurs. « On nous a fait confiance pour créer un monde unique comme pour mêler les différents types d'animation, confirme Joel Crawford. La spécificité du studio est d'essayer de faire des choses nouvelles et ne pas se limiter à multiplier les suites et les spin-off. » Le travail de l'équipe est visible dans le soin apporté à chaque plan, tant sur le fond que sur la forme.
« Je crois que le fait que l'animation soit de plus en plus présente dans le cinéma mondial pousse les créateurs à innover, déclare Joel Crawford. DreamWorks ne fait pas exception à la règle. Une saine compétition et une passion commune pour l'animation nous aident à avancer. » Le film s'inscrit dans cette dynamique, offrant au spectateur l'impression de visiter un monde magique et chaleureux.