Coupe du monde de paume artignoscaise : un village varois en effervescence
Coupe du monde de paume artignoscaise : un village varois en effervescence

Du vendredi 14 au dimanche 16 août 2026, le village d'Artignosc-sur-Verdon, dans le haut Var, devient le théâtre de la Coupe du monde de paume artignoscaise, un sport dont il est désormais le seul à perpétuer la tradition. Une cinquantaine d'équipes sont inscrites pour tenter de décrocher le titre, dont des joueurs venus de Paris, de Marseille et même d'Angleterre.

Un sport médiéval qui survit grâce à un fronton d'église

La paume artignoscaise se joue face au mur de l'église du village, qui sert de fronton. Deux binômes s'affrontent, une balle nue en main, qu'ils envoient contre le mur au-delà d'une ligne définie. L'adversaire doit la renvoyer sous peine de céder le point. Ce sport, qui plonge ses racines au Moyen Âge, a peu à peu disparu de la région, mais à Artignosc, la façade de l'église est restée, la place aussi, et le jeu n'a jamais vraiment quitté le village.

Selon Rémi Negrel, président de l'association internationale de paume artignoscaise, la discipline attire de plus en plus de joueurs. Il souligne que c'est la première année que la Coupe du monde s'étend sur trois jours, preuve de son engouement. « La paume se jouait partout dans la région depuis le Moyen Âge. La pratique a peu à peu disparu ailleurs, mais chez nous, notre fronton, c'est la façade de l'église. Le bâtiment est resté, la place aussi, et le jeu, lui, n'a jamais vraiment quitté le village. Ça attire de plus en plus de joueurs, c'est d'ailleurs la première année que la coupe du monde s'étend sur trois jours. »

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Une compétition conviviale et sans arbitre

La Coupe du monde de paume artignoscaise est avant tout un moment convivial. Des bancs sont installés face au mur de l'église pour les supporters, qui encouragent sans compter. Le commentateur anime l'ambiance avec des vannes, et le fair-play est de mise : il n'y a pas d'arbitre, et en cas de doute, le point est rejoué.

Les bénévoles de l'association gèrent la circulation, la restauration, le comptage des points et maintiennent la bonne humeur générale. Parmi les participants, Milo, un Marseillais, a découvert la paume en vacances chez sa grand-mère et ne manque plus aucune édition. Son binôme s'est incliné ce jour-là face aux Parisiens, 10 à 8.

Les champions en titre et la rivalité familiale

Kevin et Baptiste, tenants du titre depuis deux ans, ont grandi dans le même village. Ils ont été initiés par Mikaël François, dit Mika, une légende locale décédée il y a dix ans, qui donne aujourd'hui son nom au trophée du vainqueur. Les deux champions, âgés de 32 et 33 ans, apprécient le charme du mur, qui n'est pas totalement plat, ce qui permet des rebonds inattendus et des surprises pour les équipes moins favorites.

Abel et Guilhem, les vice-champions, sont cousins et entretiennent une « rivalité fraternelle ». Ils ont grandi en regardant leurs grands-pères jouer, et Abel a la paume de la main rouge depuis ses trois ans. Ils soulignent que cet événement fait vivre le village : « C'est le seul week-end de l'année où on voit du monde à Artignosc, où on peut s'amuser, faire la fête. Revenez lundi, vous n'y croiserez plus que des chats ! »

Le vainqueur de l'édition 2026 sera connu dimanche 16 août. Pour un spectateur habitué, l'ambiance est incomparable : « La finale de Roland-Garros, c'est du pipi de chat à côté. »

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