Atelier Préhistoire à Monaco : techniques ancestrales toujours efficaces
Atelier Préhistoire à Monaco : techniques ancestrales

Sur le parvis du Musée d’anthropologie préhistorique (MAP) de Monaco, outils, paniers, chapeaux et peaux animales sont disposés pour faire découvrir au grand public les savoir-faire préhistoriques du tannage et de la vannerie. Jusqu’au vendredi 24 juillet, il est possible d’assister gratuitement aux démonstrations des intervenants de l’association Inspiration Sauvage, et même d’expérimenter certaines techniques.

Une préhistoire vivante

Au cœur de cet atelier à ciel ouvert, la vie quotidienne préhistorique déborde des vitrines du musée, elle se fabrique en direct avec le public. « On fait des démonstrations mais c’est surtout un moment vivant. L’idée, c’est de montrer des gestes, la technicité derrière cet artisanat », explique Robin Brethes, animateur Préhistoire et membre de l’association. Cette approche séduit un public familial, invité à manipuler les matériaux et à suivre les instructions des spécialistes avec pour objectif de comprendre chaque étape de la fabrication d’un objet tel qu’il était conçu à partir du Néolithique en Europe, soit environ vers -5 000 avant notre ère.

Des techniques ancestrales toujours actuelles

Parmi les nombreux objets présentés, les vanneries spiralées cousues attirent l’attention. À partir de plantes issues de zones humides, comme le jonc, les artisans réalisent des paniers ou des contenants selon des techniques employées dès l’apparition d’Homo sapiens en Europe. « Il s’agit d’éléments végétaux qui sont fragiles individuellement, et c’est en les assemblant qu’on obtient quelque chose de solide », résume Robin Brethes. Une vannerie spiralée cousue nécessite plusieurs heures de travail et un alliage de matériaux végétaux.

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Si les objets originaux sont très difficiles à retrouver en bon état après plusieurs millénaires, certaines découvertes archéologiques permettent néanmoins d’en attester l’existence. « Dans les villages lacustres, on a des conditions sans oxygène qui permettent de préserver des cordes ou des tissus par exemple », précise le spécialiste. Des traces indirectes qui permettent aux chercheurs de reconstituer les usages des différents objets et outils et de faire le lien avec des méthodes de tissage encore utilisées pour des paniers en osier moderne.

Quelques mètres plus loin, la zone dédiée à l’explication du travail des peaux illustre elle aussi la complexité des savoir-faire anciens. Grattage au silex, tannage au gras ou à la cervelle : des techniques découvertes sans les chercher à l’époque mais très efficaces. « Pendant la préhistoire, on n’avait pas besoin de savoir comment ça marche pour voir que ça marche et aujourd’hui, en suivant ces méthodes, on peut faire des vêtements solides qui résistent à de nombreux lavages en machine », se réjouit l’animateur.

Un pont entre monde scientifique et grand public

Pour le MAP, l’enjeu dépasse l’unique animation estivale. « Ce sont des artisans qui travaillent en lien avec les préhistoriens et les archéologues, en montrant des gestes effectués pendant les périodes étudiées », explique la directrice du musée, Elena Rossoni-Notter. « Cela nous permet de comparer leurs pratiques avec ce que nous retrouvons en fouille, et de créer une véritable passerelle avec la recherche », complète-t-elle.

Soutenue par la politique jeunesse de la Direction des affaires culturelles, cette programmation vise à rendre la science accessible à tous. « On cadre notre discours d’abord sur ce qu’est la préhistoire mais ensuite les ateliers s’orientent en fonction de la curiosité des participants », détaille Robin Brethes.

Parmi les questions qui reviennent souvent : la complexité et la finesse des techniques anciennes. « Parfois, on a tendance à imaginer les hommes préhistoriques comme des rustres », note l’animateur. « Quand on s’essaie à tailler du silex ou à travailler une peau, on se rend compte que c’est extrêmement technique », insiste-t-il. Accessible encore ce vendredi, cet atelier laissera ensuite la place à d’autres animations organisées par le MAP durant l’été pour les visiteurs de tous les âges. « Ces moments servent aussi à rappeler que la préhistoire est un terrain accessible et que tout le monde peut s’y intéresser », conclut la directrice du musée.

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