Un mouvement de contestation d'une ampleur sans précédent secoue l'Inde, visant désormais directement le Premier ministre Narendra Modi. Alors que le gouvernement peine à désamorcer la crise, les manifestants réclament des réformes économiques et une meilleure gestion de l'inflation.
Des manifestations qui s'étendent
Depuis plusieurs semaines, des milliers de personnes descendent dans les rues des grandes villes indiennes, de New Delhi à Mumbai. Selon les organisateurs, plus de 500 000 manifestants ont participé à des rassemblements à travers le pays. Le mouvement, initialement focalisé sur les lois agricoles controversées, a élargi ses revendications pour inclure la hausse du coût de la vie et le chômage.
« Le gouvernement doit écouter la voix du peuple », a déclaré un porte-parole des manifestants, cité par l'agence de presse indienne PTI. « Si Modi ne répond pas à nos demandes, nous intensifierons notre action. »
Le gouvernement sous pression
Le gouvernement Modi tente de répondre à la crise en annonçant des mesures économiques, notamment des subventions pour les carburants et des aides directes aux agriculteurs. Cependant, ces annonces peinent à calmer la colère populaire. Selon un sondage réalisé par l'institut CSDS-Lokniti, 62 % des Indiens estiment que le gouvernement ne fait pas assez pour lutter contre l'inflation.
L'opposition, menée par le Congrès national indien, a appelé à une grève générale le 15 août, jour de l'indépendance de l'Inde, pour accentuer la pression sur le pouvoir.
Des conséquences économiques
Les manifestations ont déjà des répercussions économiques. La croissance du PIB indien, qui était de 7,2 % au premier trimestre, pourrait ralentir si le mouvement persiste, selon les analystes de la banque d'investissement Goldman Sachs. De plus, les investisseurs étrangers surveillent de près la situation, craignant une instabilité politique.
Malgré les appels au dialogue, le Premier ministre Modi n'a pas encore commenté publiquement le mouvement. Ses partisans affirment qu'il reste concentré sur les réformes structurelles, mais la pression monte pour qu'il s'adresse directement à la nation.



