Dans une tribune publiée dans Le Monde, l'architecte Fabien Gantois lance un appel à repenser notre manière de construire. Selon lui, ce que nous édifions aujourd'hui aura un impact direct sur les générations futures : nos enfants devront habiter, transformer ou démolir ces bâtiments. Une responsabilité écologique et sociale majeure qui exige une prise de conscience immédiate.
Un constat alarmant sur nos pratiques actuelles
Fabien Gantois, architecte de renom, dénonce une construction massive souvent réalisée sans vision à long terme. Il souligne que la plupart des bâtiments actuels sont conçus pour répondre à des besoins immédiats, sans considération pour leur cycle de vie complet. Cette approche court-termiste engendre des constructions énergivores, difficiles à adapter et parfois vouées à une obsolescence rapide.
L'architecte insiste sur l'urgence de changer de paradigme : il ne s'agit plus seulement de construire, mais de bâtir en pensant aux usages futurs. Chaque projet devrait intégrer des critères de flexibilité, de durabilité et d'impact environnemental réduit. Il cite l'exemple de bâtiments qui pourraient être facilement transformés pour de nouveaux usages plutôt que d'être démolis et reconstruits, ce qui représente un gaspillage considérable de ressources.
Une architecture adaptable et respectueuse de l'environnement
Pour Fabien Gantois, l'architecture de demain doit être pensée comme un écosystème vivant, capable d'évoluer avec les besoins de ses occupants. Il plaide pour des constructions modulaires, utilisant des matériaux biosourcés et recyclables, et intégrant des systèmes énergétiques passifs. Cette approche permettrait de réduire l'empreinte carbone du secteur du bâtiment, qui représente environ 40 % des émissions mondiales de CO2, un chiffre qu'il juge intolérable.
L'architecte appelle également à une meilleure collaboration entre les acteurs de la construction : architectes, urbanistes, ingénieurs, mais aussi les futurs habitants. Une concertation en amont permettrait de concevoir des espaces réellement adaptés aux modes de vie, tout en anticipant les évolutions démographiques et climatiques. Il cite en exemple des projets participatifs où les résidents sont impliqués dès la phase de conception, ce qui favorise une appropriation durable des lieux.
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà des aspects techniques, Fabien Gantois insiste sur la dimension éthique de la construction. Chaque bâtiment est un héritage pour les générations futures, et nous avons le devoir de leur transmettre un cadre de vie sain et durable. Il interpelle les pouvoirs publics pour qu'ils encouragent, par des normes et des incitations fiscales, les pratiques vertueuses. Il suggère également de repenser la formation des architectes et des ingénieurs afin d'intégrer pleinement les enjeux écologiques.
Cette tribune s'inscrit dans un débat plus large sur la transition écologique du secteur de la construction. Face à l'urgence climatique, de plus en plus de professionnels appellent à une révolution des pratiques. Fabien Gantois conclut que chaque projet est une opportunité de construire un avenir meilleur, à condition d'accepter de remettre en question nos habitudes et de penser à long terme. Une invitation à agir dès maintenant, car les bâtiments que nous concevons aujourd'hui seront le cadre de vie de nos enfants demain.



