Le mot est joli, « humanités », mais prononcé à voix haute dans un dîner, il fait frémir les parents. Tandis que les formations d’ingénieurs, de droit ou de commerce propulsent leur progéniture vers des CDI confortables, la philosophie offre des perspectives de carrière guère plus rassurantes que l’école du cirque. Du moins, jusqu’ici.
L'IA bouleverse les métiers techniques
En 2026, les mathématiciens voient l’intelligence artificielle venir à bout de problèmes sur lesquels s’échine leur profession. Les développeurs sont déboussolés par la vitesse à laquelle elle automatise leur métier. Selon une étude récente, 40 % des tâches des développeurs pourraient être automatisées d'ici 2027.
Les philosophes en plein essor
À l'inverse, les philosophes auraient le vent en poupe. Les entreprises recherchent désormais des profils capables de penser de manière critique, d'analyser des dilemmes éthiques et de comprendre les implications sociales de l'IA. « Les humanités offrent une flexibilité cognitive que les machines ne peuvent pas reproduire », explique un consultant en recrutement.
Cette tendance se confirme dans les offres d'emploi : les postes de « responsable éthique IA » ou de « consultant en philosophie des technologies » ont augmenté de 25 % en 2025. Les diplômés en philosophie, littérature ou sciences sociales sont de plus en plus prisés.
Un changement de paradigme
Ce retournement de situation marque un changement profond dans le marché du travail. Alors que les métiers techniques étaient valorisés, ce sont désormais les compétences humaines – empathie, jugement moral, créativité – qui deviennent cruciales. « L'IA excelle dans l'exécution, mais c'est l'humain qui doit définir le sens », ajoute un professeur de philosophie.
Les universités adaptent leurs programmes pour intégrer des modules d'éthique et de pensée critique. Certaines grandes écoles proposent des doubles cursus mêlant technologie et humanités.



