À l'occasion de la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, l'Observatoire B2V des Mémoires publie cinq conseils pour agir sur les facteurs de risque modifiables de cette maladie neurodégénérative. Si aucun comportement ne permet de prévenir totalement la maladie, certaines habitudes pourraient contribuer à retarder son apparition.
Une maladie aux chiffres lourds
La maladie d'Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus fréquente dans le monde. Selon les données citées, 55 millions de personnes seraient atteintes de démences, dont Alzheimer serait responsable dans 60 à 70 % des cas. En France, près d'un million de personnes sont touchées, et 225 000 nouveaux cas seraient dépistés chaque année. La maladie se manifeste par un déclin cognitif, avec des pertes de mémoire, mais aussi des troubles de l'orientation et du langage.
Un rapport publié dans The Lancet en 2024 estime que 45 % des démences dans le monde seraient liées à des facteurs de risque modifiables. Il serait donc possible, dans une certaine mesure, de prévenir, du moins de retarder, la maladie d'Alzheimer.
Le cerveau vieillit dès 30 ans
Comme l'explique la Fondation recherche Alzheimer, « le cerveau est un organe qui commence à vieillir à partir de 30 ans et le vieillissement s'accélère autour de 55 ans. Il est donc important d'acquérir de bonnes habitudes le plus tôt possible pour retarder ce phénomène et maintenir son cerveau en bonne santé ».
« Aujourd'hui, aucun comportement ne permet donc de garantir qu'une personne ne développera pas la maladie. En revanche, certaines habitudes peuvent agir sur plusieurs facteurs de risque et contribuer à renforcer les réserves du cerveau, ce qui pourrait permettre de retarder l'apparition des symptômes », souligne l'Observatoire B2V des Mémoires.
1. Bouger chaque jour
L'inactivité physique est reconnue comme un facteur de risque modifiable. L'activité contribue à agir sur les facteurs de risque cardiovasculaires (hypertension artérielle, excès de mauvais cholestérol, diabète), mais aussi le surpoids et la sédentarité. « Marcher, faire du vélo, nager, jardiner ou pratiquer une activité sportive : peu importe l'activité choisie, l'essentiel est de bouger régulièrement et de l'intégrer à son quotidien », conseille l'Observatoire.
2. Manger équilibré
Il s'agit de manger de tout, avec une alimentation variée et équilibrée. Selon l'Observatoire, cette habitude sera plus efficace que de miser sur un aliment en particulier, une vitamine ou un complément alimentaire. Une bonne alimentation (végétaux, poisson, bonnes graisses, sel en petite quantité) permet notamment de protéger sa santé cardiovasculaire, premier facteur de risque modifiable de la maladie.
3. Protéger son cerveau des traumatismes
Les traumatismes crâniens, dont les microtraumatismes répétés, sont considérés comme un facteur de risque modifiable. Protéger sa tête lors d'une activité sportive ou à vélo doit devenir un réflexe. La reprise après un traumatisme doit être adaptée et progressive. « Ces précautions sont particulièrement importantes dans les pratiques sportives susceptibles d'exposer le cerveau à des chocs répétés », prévient l'Observatoire.
4. Entretenir son cerveau
Le niveau d'instruction influence le risque de survenue de la maladie. Mais tout ne se jouerait pas à l'école : il serait possible d'enrichir sa réserve cognitive tout au long de la vie. Lire, écrire, apprendre permettent de solliciter son cerveau en continu. « Des études ont notamment montré que la lecture régulière, y compris de magazines, pouvait contribuer à gommer l'effet associé à une faible instruction », avance l'Observatoire B2V des Mémoires.
5. Cultiver ses relations et ses activités
L'isolement social est un facteur de risque. « Un cerveau qui reste actif est aussi un cerveau qui continue à être stimulé par son environnement. Échanger avec les autres, avoir des activités, participer à la vie sociale, conserver des occupations qui procurent du plaisir et de la motivation sont autant de façons d'enrichir ses réserves », conseille l'Observatoire.
Les 14 facteurs de risque modifiables selon les chercheurs sont : un faible niveau d'éducation, la dépression, le diabète, le traumatisme crânien, la perte auditive, un taux élevé de cholestérol LDL, l'obésité, le tabagisme, la consommation d'alcool, l'hypertension, l'inactivité physique, l'isolement social, la perte de vision non traitée et la pollution de l'air.