L'Université nationale autonome du Mexique (UNAM) a annoncé, vendredi 1er août, que près de 2 000 candidats à son examen d'entrée devront repasser l'épreuve après la détection de fraudes massives utilisant l'intelligence artificielle. Les épreuves initiales, organisées en juin, ont été invalidées en raison de soupçons de tricherie par des outils d'IA générative.
Une fraude massive détectée
Des logiciels capables de rédiger des réponses en quelques secondes ont été repérés par les systèmes de surveillance de l'université. Selon les premières enquêtes, des candidats auraient utilisé des applications d'IA pour répondre aux questions de culture générale et de mathématiques. L'UNAM a également détecté des anomalies statistiques dans les résultats, avec des taux de réussite inhabituellement élevés dans certains centres d'examen.
« C'est une atteinte grave à l'intégrité de notre processus de sélection », a déclaré le recteur de l'université, Leonardo Lomelí, dans un communiqué. « Nous ne pouvons pas laisser l'intelligence artificielle compromettre l'égalité des chances entre les candidats. »
Une décision contestée
Les candidats concernés seront convoqués à une nouvelle session d'examen, prévue en septembre. Ceux qui ne pourront pas s'y présenter pourront fournir un justificatif. En attendant, les résultats déjà publiés sont suspendus. Cette décision a provoqué la colère de certains étudiants, qui dénoncent une « punition collective » alors qu'ils n'ont pas triché. D'autres saluent la fermeté de l'université face à une fraude qui s'industrialise.
L'UNAM a précisé que les candidats pourront consulter leurs copies et signaler toute erreur avant la nouvelle épreuve. Des commissions disciplinaires ont été saisies pour identifier les auteurs de la fraude. Les sanctions pourraient aller de l'annulation pure et simple de la candidature à l'interdiction de concourir pendant plusieurs années.
L'IA, nouveau défi pour les universités
Cette affaire illustre les défis posés par l'IA dans l'éducation. Au Mexique, plusieurs universités ont renforcé leurs dispositifs de surveillance, mais les outils de détection restent limités. Selon une étude récente, 72 % des étudiants mexicains utilisent l'IA pour leurs devoirs, contre 50 % en moyenne mondiale.
Des experts en éthique appellent à repenser les modalités d'examen, en intégrant des épreuves orales ou des travaux pratiques en conditions réelles. « L'IA ne va pas disparaître, il faut apprendre à composer avec elle », estime une chercheuse en sciences de l'éducation. D'autres proposent de développer des outils de détection basés sur l'analyse du style d'écriture et des temps de réponse.
Pour l'UNAM, cette affaire est un précédent. L'université a annoncé qu'elle allait durcir ses protocoles de surveillance pour les prochaines sessions et sensibiliser les candidats aux règles d'intégrité. La nouvelle examen sera organisé en octobre pour permettre aux candidats de se préparer dans des conditions équitables.



