Depuis plusieurs semaines, des vidéos générées par intelligence artificielle défilent sur les réseaux sociaux, annonçant de faux coups d'État dans divers pays. France, Côte d'Ivoire, Bénin, Cameroun, Espagne, Chili, Mexique : aucun continent n'est épargné par ces deepfakes spectaculaires qui sèment le trouble parmi les internautes.
Des créateurs digitaux derrière les deepfakes
Ces contenus sont l'œuvre de créateurs digitaux et formateurs en IA. L'un d'eux, originaire du Burkina Faso, propose même des mini-formations à 3 000 francs CFA, soit moins de 5 euros, pour apprendre à réaliser ce type de vidéos. Contacté par 20 Minutes, il affirme vouloir « démontrer les capacités et dérives possibles de l'IA », sans intention de désinformer.
Un timing suspect
L'analyse des dates de publication révèle un timing troublant. La vidéo sur le Mexique est publiée pendant le mouvement Gen Z, celle sur le Bénin après une vraie tentative de coup d'État, et celle sur la Côte d'Ivoire avant les élections présidentielles. Pour Vincent Berthier, responsable du desk technologies et journalisme chez Reporters Sans Frontières (RSF), « les périodes électorales permettent potentiellement de faire basculer des résultats dans une direction qui arrange les désinformateurs ».
Un problème de transparence
Le principal enjeu, selon Vincent Berthier, est le manque de transparence : « Les gens ont besoin de savoir à quel genre de contenu ils ont affaire. Est-ce de l'information, du faux, de l'humour ? » Sans indication claire, ces deepfakes peuvent facilement être pris pour des informations authentiques, amplifiant la confusion et la méfiance envers les médias.
Une arme redoutable en période de tensions
Ces vidéos surviennent dans un contexte de tensions politiques multiples. Les deepfakes de coups d'État constituent une arme redoutable pour manipuler l'opinion publique. Selon RSF, la désinformation par IA est en hausse, et les périodes électorales sont particulièrement vulnérables. Les autorités peinent à réguler ces contenus, tandis que les plateformes sociales tentent de les détecter avec des algorithmes, souvent en retard sur les créateurs.
En attendant, ces vidéos continuent de circuler, générant des milliers de partages. La vigilance des internautes et l'éducation aux médias restent les meilleures défenses contre cette nouvelle forme de propagande numérique.



