On le voyait venir, et il est arrivé : le « backlash » (« retour de bâton ») anti-IA est bien là. Comme dans tout mouvement contestataire, la jeunesse est en première ligne.
Une jeunesse en première ligne
De jeunes normaliens interviewés par la revue Le Grand Continent sur le premier mot qui leur vient à l’esprit à propos d’intelligence artificielle répondent « risque », « méfiance », « terreur » et « illusion ». On hue l’IA dans les cérémonies de remise de diplômes aux États-Unis. Les moins de 30 ans y sont deux fois plus nombreux que les retraités à juger l’IA « plutôt mauvaise ».
Mais les jeunes ne sont pas seuls. Écrivains et intellectuels s’alarment que l’IA détruise notre capacité à penser. Des études scientifiques fragiles, mais reprises en boucle, décrivent des effets néfastes sur le fonctionnement cérébral.
Les enseignants face à un dilemme
Les enseignants, du primaire à l’université, ne savent plus s’il faut déplorer la créativité avec laquelle les étudiants trichent aux examens, ou au contraire la paresse intellectuelle qu’engendre le recours à ChatGPT.
Mobilisations et craintes sociétales
Là où l’on projette de construire des data centers, les riverains se mobilisent pour l’empêcher. Les parents, qui ont tardé à prendre conscience des effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé des enfants et adolescents, craignent que l’IA ne les démultiplie. Et bien sûr, l’inquiétude la plus vive concerne l’emploi, menacé par une « jobs apocalypse ».



