Plus de 700 personnes, au moment où cet article est écrit, envisagent d'intenter une action collective contre l'État dans l'affaire du piratage du fisc. Cette démarche indemnitaire individuelle coordonnée est menée par Me Jérémy Roche, un avocat biterrois spécialisé, entre autres, dans le droit de la protection des données personnelles.
Une mobilisation sans précédent
« Pour l'instant, je récolte la colère populaire. Nombreuses sont les personnes qui remplissent le formulaire mis à leur disposition sur mon site ou qui m'envoient des messages. Parmi elles, un noyau dur se constitue qui ira jusqu'au bout. Mais rien ne presse. L'important, c'est la prise de conscience », confie Me Jérémy Roche.
Cette action fait suite à la cyberattaque qui a frappé la plateforme des impôts, Impots.gouv.fr, durant l'été 2026. Les victimes cherchent à obtenir réparation du préjudice moral subi après la révélation de ces cyberattaques contre la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Un écho aux déclarations ministérielles
Ces propos font écho à ceux du ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel. Le 18 août, il déclarait avec contrition : « Notre pire ennemi, ce serait la banalisation, de s'habituer à des fuites de données extrêmement sensibles, […] de mettre la poussière sous le tapis ».
L'avocat souligne qu'il ne s'agit pas de précipiter les choses : « Rien ne presse. L'important, c'est la prise de conscience ». Cette approche vise à consolider le noyau dur des plaignants prêts à aller jusqu'au bout dans cette démarche.
Une procédure coordonnée
L'action collective prend la forme d'une démarche indemnitaire individuelle coordonnée, permettant à chaque victime de faire valoir ses droits tout en mutualisant les efforts. Ce type de procédure est souvent utilisé dans les affaires de violation de données personnelles.
Les formulaires mis à disposition sur le site de Me Jérémy Roche ont déjà recueilli plusieurs centaines de candidatures. L'objectif est de constituer un dossier solide pour obtenir une réparation financière du préjudice moral subi par les victimes de cette cyberattaque.
L'affaire est suivie de près par les observateurs, car elle pourrait faire jurisprudence en matière de responsabilité de l'État face aux cyberattaques touchant des services publics sensibles comme la DGFiP.



