En mai dernier, une tendance étrange a émergé sur les réseaux sociaux : des vidéos montrant une femme à l'apparence parfaite – peau sans défaut, cheveux impeccables, visage sans imperfection – assise dans des gradins. Ces images de quelques secondes sexualisent souvent le corps féminin, révélant les dérives de l'intelligence artificielle. Cette tendance sexiste persiste et, avec la Coupe du monde de football, elle est redevenue virale.
Des vidéos virales aux indices révélateurs
Sur X, une vidéo d'une supportrice brésilienne, tee-shirt aux couleurs de la Seleçao, cumule des millions de vues. La scène aurait été filmée en tribunes lors du match Brésil-Maroc. D'autres exemples pullulent : une supportrice japonaise, allemande, argentine, mexicaine et néerlandaise dans un montage vidéo vu plus de 3 millions de fois.
Dans ces contenus, l'usage de l'IA n'est pas toujours notifié. Plusieurs éléments trahissent la supercherie. Premier indice : le chrono en haut à gauche n'avance pas. Deuxième indice : l'affichage du score correspond à celui de la précédente Coupe du monde au Qatar, comme on peut le voir sur la chaîne YouTube de la FIFA.
Des incohérences qui ne trompent pas
Pour la vidéo de la supportrice brésilienne, deux autres indices confirment l'usage de l'IA : la voix métallique du commentateur et le logo de la chaîne américaine ESPN, visible en haut à droite. Or, ESPN n'a pas diffusé le match Brésil-Maroc.
Derrière ces vidéos se cachent des créateurs qui utilisent l'IA pour générer de l'engagement. Le montage vidéo des supportrices de différents pays a été partagé pour la première fois sur TikTok, dans un tutoriel pour recréer cette tendance. La vidéo de la supportrice brésilienne provient d'un compte Instagram présentant une influenceuse entièrement générée par IA.
Un marché en plein essor
Depuis quelques années, les profils d'influenceurs générés par IA se multiplient. Leur objectif : générer de l'engagement et gagner de l'argent en vendant des produits. Selon une étude de Grand View Research, ce marché devrait passer de 6 milliards de dollars en 2024 à 46 milliards en 2030.



