Trump et Iran : désaccords sur les inspections nucléaires
Trump et Iran : désaccords sur les inspections nucléaires

Donald Trump a accusé mardi 23 juin l’Iran de tenir des propos mensongers, après qu’un responsable iranien a nié tout accord autorisant des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder aux sites nucléaires de la République islamique. Selon le président américain, Téhéran aurait pourtant accepté des inspections sans limite de durée, une concession présentée comme l’une des avancées majeures des négociations en cours. « S’ils n’avaient pas accepté cela, il n’y aurait plus aucune négociation ! », a-t-il affirmé sur Truth Social.

Dénégations iraniennes

« Il n’existe tout simplement aucune procédure établie à ce sujet », a déclaré au contraire le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqhaei, tout en assurant que l'Iran continuerait à respecter « les procédures standards, déjà bien définies et transparentes ». Ces déclarations contradictoires révèlent que des désaccords importants subsistent entre Washington et Téhéran sur plusieurs aspects des discussions, et jettent le doute sur les chances de réussite du processus de paix entamé il y a plusieurs jours.

Péage dans le détroit d'Ormuz

Autre sujet de discorde : la question de la mise en place d'un péage dans le détroit d'Ormuz. Lors du sommet du G7 en France, la semaine dernière, Donald Trump a assuré que le détroit resterait « exempt de péage » sur le long terme. Une promesse renouvelée par le secrétaire d'État américain Marco Rubio, à son arrivée à Abou Dhabi mardi, expliquant que Washington « n'acceptera pas » l'instauration d'un droit de passage, alors que l'Iran, là encore, a dit à plusieurs reprises prévoir certains « frais » pour des services spécifiques.

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Désaccords sur les avoirs gelés

En outre, les autorités iraniennes contestent certaines informations concernant leur programme de missiles balistiques ou l’utilisation des milliards de dollars d’avoirs qui pourraient être débloqués dans le cadre d’un futur accord. Si J.D. Vance, le vice-président américain, avait en effet indiqué que les fonds débloqués pourraient être soumis à un mécanisme de contrôle et même bénéficier indirectement aux agriculteurs américains, Esmail Baghaei a insisté sur le fait que ces ressources seraient entièrement à la disposition de Téhéran.

Brouillage de la réalité

Du côté américain, plusieurs responsables estiment que Téhéran cherche à brouiller le contenu réel des négociations. Le secrétaire d’État Marco Rubio a ainsi attribué ces prises de position à des considérations de politique intérieure. « Nous savons ce qu’ils ont accepté de faire, et maintenant ils le feront ou non », a-t-il déclaré depuis Abou Dhabi. « S’ils le font, le processus avancera ; sinon, le président devra prendre certaines décisions. »

Antécédents de déclarations mensongères

Par le passé, les propos de Donald Trump ont néanmoins aussi été souvent exagérés voire mensongers, décrédibilisant la parole du président américain, rappelle CNN. Son administration, par exemple, avait affirmé que les frappes menées l’an dernier contre les sites nucléaires iraniens avaient « anéanti » le programme nucléaire du pays, le président américain allant même jusqu’à dire que ces attaques avaient détruit la « capacité nucléaire future de l’Iran ». Mais CNN et d’autres médias ont rapporté que les premières évaluations des services de renseignement américains ne confirmaient pas ces affirmations. Et, de fait, huit mois plus tard, Donald Trump engageait une guerre en invoquant, une fois encore, la menace nucléaire prétendument imminente que représentait l’Iran. Autre exemple : avant la publication du protocole d’accord la semaine dernière, Donald Trump avait assuré que le fonds de 300 milliards de dollars financé par les alliés du Golfe, révélé par la presse, était un mensonge. Problème : l'accord, une fois publié, contenait bel et bien un tel fonds de reconstruction.

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Analyse du New York Times

« Le style de Trump consiste souvent à présenter les résultats qu’il souhaite obtenir comme s’ils étaient déjà des accords parallèles pleinement négociés, dans l’espoir d’amener les Iraniens à s’engager sur chacun des éléments d’un éventuel accord final », analyse le New York Times. Dans ce contexte, le président iranien Masoud Pezeshkian s’est rendu mardi au Pakistan, l’un des pays impliqués dans la médiation entre l’Iran et les États-Unis. Sur le réseau X, il a souligné que « l’efficacité des discussions dépendait du respect intégral des obligations convenues et de leur mise en œuvre précise », puis, faisant référence au caractère relativement général du mémorandum d’entente en quatorze points, il a ajouté que « les déclarations qui dépassent le texte convenu ne contribuent pas à faire avancer les négociations. » Pas certain que Donald Trump ne l'entende de cette façon.