Masculinisme : une idéologie en expansion, plus diffuse et violente chez les jeunes
Masculinisme : idéologie en expansion, plus violente chez les jeunes

Selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès publiée ce mercredi 24 juin 2026, le masculinisme, une idéologie prônant la supériorité masculine et la défense des droits des hommes face au féminisme, est en pleine expansion, notamment chez les jeunes. L'étude révèle que 42% des hommes de 18 à 30 ans estiment que le féminisme est allé trop loin, contre 28% chez les plus de 50 ans. Par ailleurs, 34% des jeunes hommes jugent que la société favorise désormais les femmes, un sentiment partagé par seulement 18% des hommes plus âgés.

Un phénomène plus diffus et plus violent

L'étude souligne que le masculinisme se manifeste de manière plus diffuse qu'auparavant, via des discours en ligne, des forums et des réseaux sociaux, où des figures comme Andrew Tate ou Jordan Peterson gagnent en popularité. Ces discours, souvent violents, appellent à la reconquête d'une masculinité traditionnelle et à la lutte contre le féminisme. Selon l'enquête, 22% des jeunes hommes de 18 à 30 ans déclarent avoir déjà été exposés à des contenus masculinistes, contre 8% des femmes du même âge.

Une montée de la violence verbale et physique

L'étude note également une augmentation des actes violents liés à cette idéologie. En 2025, les signalements pour violences conjugales ont augmenté de 12% chez les couples où l'homme a moins de 30 ans. Par ailleurs, les agressions verbales et physiques contre des femmes dans l'espace public sont en hausse de 8% selon les données du ministère de l'Intérieur. La Fondation Jean-Jaurès souligne que cette violence est alimentée par des discours de haine en ligne, où des influenceurs masculinistes incitent à la domination masculine.

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Une popularité croissante chez les jeunes

L'étude montre que le masculinisme séduit particulièrement les jeunes hommes en situation de précarité ou de fragilité identitaire. 38% des jeunes hommes au chômage ou en contrat précaire adhèrent à des idées masculinistes, contre 18% des jeunes hommes en emploi stable. Selon la sociologue Marie Duru-Bellat, interrogée par Le Monde, « le masculinisme offre une réponse simple à des jeunes en quête de repères, en leur proposant un bouc émissaire : les femmes et le féminisme ».

Des conséquences politiques et sociales

L'expansion du masculinisme a des répercussions politiques. L'étude note que 15% des jeunes hommes de 18 à 30 ans se disent prêts à voter pour un parti politique prônant des idées masculinistes, contre 5% des femmes du même âge. Ce phénomène inquiète les associations féministes, qui appellent à une meilleure éducation à l'égalité des genres et à un renforcement de la régulation des contenus en ligne. La Fondation Jean-Jaurès recommande notamment de « développer des campagnes de sensibilisation dans les écoles et sur les réseaux sociaux pour contrer les discours masculinistes ».

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