La cour d'assises de l'Hérault a condamné Soulaïmana Imbririki, 28 ans, originaire de Mayotte, à trente ans de réclusion criminelle pour la tentative de meurtre d'une étudiante en médecine, survenue dans la nuit du 3 au 4 juillet 2024 dans le quartier des Arceaux à Montpellier. La peine, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans, est plus sévère que le réquisitoire de l'avocat général qui avait demandé trente ans avec une sûreté de quinze ans.
Un acte d'une violence inouïe
Vers 2 h 30 du matin, Soulaïmana Imbririki a attaqué par derrière avec un cutter une jeune femme prénommée Madeleine, alors étudiante en médecine. La victime a survécu par miracle après avoir réussi à contenir elle-même l'hémorragie. "Qu'est-ce qu'il a en tête quand il s'approche par-derrière ? On peut émettre beaucoup d'hypothèses, mais on n'aura jamais le fond de sa pensée, car il est incapable d'y accéder", a plaidé son avocate, Me Virginie Manzi, soulignant l'absence de mobile clair.
Un parcours marqué par l'errance et la violence
L'accusé, en errance depuis deux ans à Montpellier, avait déjà été arrêté en 2024 pour avoir suivi et touché des femmes autour de la place de la Comédie. Le psychiatre Jean-Claude Pénochet, qui l'avait examiné à l'époque, avait noté "une dimension de sexualité dans sa conduite" et avait alerté sur "un risque de récidive que j'avais écrit noir sur blanc". Il a estimé que l'accusé "n'a pas choisi d'être ce qu'il est, mais il a une structure de personnalité qui est maintenant construite" et que "nous sommes devant quelque chose de très difficile".
Des victimes aux destins opposés
Me Manzi a contrasté les parcours : "Ils ont six mois d'écart, mais pour le reste ils sont aux antipodes. Elle est brillante, avec une famille aimante, choyante, encadrante. Lui, c'est le contraire, une famille peu structurante, et qui le laisse seul aujourd'hui devant vous." Madeleine, lors de son témoignage, a exprimé sa peur et sa colère : "Cette espèce de rage, elle n'arrive pas à l'éteindre, parce que vous lui avez volé sa vie", a rappelé la bâtonnière Iris Christol, partie civile.
Un verdict exemplaire
L'avocat général Pierre Denier avait requis trente ans de réclusion, plaçant "cette affaire sur le haut du spectre de la gravité de toutes celles qui défilent à l'année dans cette enceinte". Après deux heures de délibéré, la cour a suivi ce réquisitoire et alourdi la période de sûreté à dix-huit ans. L'accusé, qui n'a pas fourni d'explication, a simplement adressé des mots à sa victime : "J'espère qu'avec le temps, ça ira mieux psychologiquement et qu'elle réussisse dans la vie."



