La nouvelle saison de Top 14 s'ouvre avec un changement majeur : le retour aux huit remplacements par match, contre douze lors des huit dernières saisons. Cette décision, prise par la Ligue Nationale de Rugby (LNR) et la Fédération Française de Rugby (FFR), marque la fin d'une expérimentation qui permettait aux joueurs remplacés de revenir en jeu. Les staffs, prévenus en cours de saison, ont pu anticiper cette évolution dès la préparation estivale.
La fin d'une expérimentation jugée non concluante
Pendant huit ans, la France a expérimenté le retour au jeu, une règle censée réduire les blessures. Cependant, elle est devenue un casse-tête pour les arbitres et le public, avec des allers-retours fréquents de joueurs entre le terrain et le banc de touche. Selon la LNR et la FFR, cette expérimentation "ne produit aucune amélioration probante".
Joan Caudullo, manager de Montpellier, reconnaît que ce changement va bouleverser sa manière de gérer les rencontres. "Obligatoirement, ça va changer des choses. On va titulariser des joueurs en sachant qu'ils vont jouer 80 minutes. Ce sont des choses qu'on n'a pas l'habitude de faire", explique-t-il. L'ancienne règle permettait notamment de faire souffler Billy Vunipola avant de le relancer en fin de match.
Des compositions d'équipe et un coaching repensés
Le retour aux huit remplacements aura un impact direct sur les compositions d'équipe. "Le coaching sera différent, mais surtout les compositions d'équipe seront obligatoirement différentes, avec moins de continuité", insiste Caudullo. Le staff héraultais envisage de maintenir un ratio de 5-3 (cinq avants et trois arrières sur le banc), tout en explorant la polyvalence des joueurs pour gérer les fins de match.
Cette tendance avait déjà été expérimentée la saison dernière. Yacouba Camara a joué en deuxième ligne, Florian Verhaeghe est descendu en troisième ligne, et Maël Moustin est entré au centre. "On essaye de faire travailler des joueurs à d'autres postes, derrière on fait bosser Arthur (Vincent) à l'aile, comme Jon Echegaray, Dimitri (Delibes) au centre ou à l'aile. On essaye aussi de trouver des solutions avec (Justo) Piccardo en troisième ligne ou Lenni (Nouchi) en centre", détaille Caudullo. Le demi de mêlée Alexis Bernadet a également été testé à l'aile.
Autres évolutions : 45 secondes pour les buteurs, arbitrage vidéo indépendant
D'autres changements de règlement entrent en vigueur cette saison. Les buteurs disposeront désormais de 45 secondes pour taper une pénalité ou une transformation, contre 60 secondes auparavant, afin d'accélérer le rythme des matches. Par ailleurs, l'arbitrage vidéo sera dissocié des images du diffuseur télé : c'est la société montpelliéraine Vogo qui fournira les images aux arbitres. Le TMO pourra ainsi choisir lui-même les meilleurs plans, sans dépendre du réalisateur, ce qui devrait fluidifier les rencontres.
Le poste de demi de mêlée, un défi particulier
Le poste de demi de mêlée reste le plus délicat à gérer avec huit remplacements. "Remplacer un numéro 9, c'est toujours difficile. Un ailier, un centre, on peut toujours. Un 10, pour finir un match, on peut aussi. Mais un 9, c'est un peu difficile", souligne Caudullo. Il compte sur la polyvalence de ses joueurs, comme Léo Coly, ou Sébastien Bézy, recruté à l'intersaison en provenance de Clermont, qui a été formé initialement au poste de 10.
Ce changement de règle ne remet pas seulement en question le coaching, il impactera la réflexion des coaches pour finaliser leurs compositions d'équipe. "Pour le manager ça va être difficile à anticiper. En tout cas il faudra faire des choix sur les compos d'équipe bien avant de faire du coaching", conclut Caudullo. Cette évolution pourrait également influencer les futurs recrutements de joueurs.



