Rentrée : manque de classes adaptées pour le handicap dans le Gard rhodanien
Handicap : capacités d'accueil insuffisantes dans le Gard rhodanien

À l'occasion de la rentrée scolaire, les capacités d'accueil pour les élèves en situation de handicap (déficience intellectuelle, trouble du spectre autistique, problèmes comportementaux) restent insuffisantes à Bagnols-sur-Cèze et dans le Gard rhodanien. L'Unapei 30 (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) tente d'accompagner au quotidien ces enfants, mais ses équipes font face à un manque de solutions adaptées.

Un IME de 75 places pour répondre aux besoins

Dans la troisième ville du Gard, l'Unapei 30 administre l'institut médico-éducatif (IME) Les Violettes. Cet établissement dispose de 58 places en accueil de jour et de 17 places en internat séquentiel, soit une capacité totale de 75 enfants. Ces derniers sont encadrés par une équipe d'éducateurs spécialisés et par deux enseignants détachés par l'Éducation nationale, qui travaillent à temps plein à l'IME.

Les élèves y suivent quelques heures de cours par semaine, dans des groupes très restreints. « Ici, notre objectif c'est de travailler sur le projet de l'enfant que nous suivons. Certains n'ont pas besoin d'accompagnement scolaire, mais d'une aide à la sociabilisation, par exemple », explique la directrice de l'IME Les Violettes, Karen Nicaise. L'accompagnement est complété par un Service d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad), qui intervient directement au domicile de l'enfant pour assurer un meilleur suivi.

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Des unités Ulis et Uema insuffisantes à la rentrée

Malgré une « vraie volonté, sur le secteur, de travailler ensemble », selon Karen Nicaise, la situation reste tendue. Les unités localisées pour l'inclusion scolaire (Ulis) et les unités d'enseignement maternelle autisme (Uema), présentes depuis peu à Bagnols-sur-Cèze, ne suffisent pas. « Avec la rentrée, des nouveaux sixièmes n'auront pas de place en Ulis », déplore Gwenaëlle Rodriguez, éducatrice spécialisée employée par l'Unapei 30. « Il y a un manque de classes adaptées. En attendant, il faut qu'on trouve d'autres solutions ».

Chaque enfant étant différent, l'Unapei 30 tente d'adapter son accompagnement. « Parfois, un enfant va être plus heureux en IME qu'à l'école », commente Karen Nicaise. « Chacun a son propre parcours, et a besoin de son propre suivi ». Pour ce faire, l'IME et le Sessad communiquent constamment sur chaque cas, afin de combiner leurs compétences.

Le parcours de Mathieu, un exemple de suivi individualisé

La situation de Mathieu (prénom modifié) illustre cette approche. Âgé de 9 ans, il a commencé à être suivi en maternelle, notamment par Eric Grégoire, éducateur spécialisé au Sessad. « Tout était compliqué socialement. Il a fait sa grande section à mi-temps ». À l'école primaire, il intègre une unité Ulis TSA. « Cette organisation lui a plutôt plu, et son temps de classe a augmenté », commente Eric Grégoire. Il se réjouit qu'il ait « vraiment progressé d'une manière incroyable socialement ! »

Finalement, Mathieu et sa famille ont demandé d'augmenter son temps en IME, sans pénaliser les périodes à l'école. « Il a même commencé à aller au centre aéré, avec succès », termine l'éducateur spécialisé. Karen Nicaise conclut sur son désir que les IME ne soient plus stigmatisés, rappelant qu'« aux enfants, on leur apprend à grandir ».

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