Iga Swiatek : de retour à Roland-Garros pour reconquérir la terre battue
Swiatek veut redevenir reine de la terre battue

Quadruple vainqueur des Internationaux de France entre 2020 et 2024, la Polonaise numéro 3 mondiale n'a plus gagné un tournoi sur terre battue depuis deux ans. Après des périodes de doute et de perte du plaisir de jouer, elle revient ressourcée, souriante et déterminée.

Une reine déchue

Elle a régné sur la terre entre 2020 et 2024. À Roland-Garros, elle s'est offert quatre Coupes Suzanne-Lenglen à la suite. La première fois, elle n'avait pas 20 ans. Iga Swiatek est, avec la Belge Justine Hénin, celle qui a gagné le tournoi le plus souvent au XXIe siècle. « Le tennis féminin tient enfin sa patronne », s'était réjouie durant son règne la légende américaine Martina Navratilova, double vainqueur à Roland-Garros en 1982 et 1984. « On avait tellement besoin d'une joueuse à laquelle s'identifier et surtout à laquelle on peut s'habituer. Pendant trop longtemps, on a eu des numéros 1 qui restaient quelques semaines en tête du classement et qui disparaissaient et se faisaient oublier aussi vite. Pas avec elle. » C'était vite dit.

Depuis deux ans, patatras ! La Polonaise est tombée du piédestal. Sa dernière victoire en tournoi sur terre battue, sa surface favorite, remonte par exemple à 2024. Il y a un an, elle était tombée en demi-finale à Roland-Garros face à Aryna Sabalenka (7/6, 4/6, 6/0). Elle n'était alors pas au mieux de sa forme.

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Le mental comme adversaire

Sous sa casquette, elle a longtemps caché un stress permanent, même quand elle gagnait. Elle confie cette faille aujourd'hui. « Lorsque j'étais vraiment bonne sur les courts, parfois j'allais bien, parfois j'étais inquiète, parfois tout m'était complètement égal. J'allais jouer mon match et c'est tout. » Elle ajoute : « En 2023 par exemple, j'ai joué la finale de Madrid, je me suis retirée à Rome. Et ici à Paris, j'ai gagné quand même. Pourtant, franchement, je ne me suis jamais sentie comme ça, aussi inquiète qu'en 2023. » Le mental de la Polonaise ne serait-il pas son plus dangereux adversaire ?

La contamination accidentelle

Surtout si on se souvient qu'entre-temps elle avait été suspendue un mois après une contamination accidentelle d'un de ses médicaments avec un produit interdit. « J'ai dédié ma vie pour avoir une carrière qui pourrait être donnée en exemple aux générations à venir, en respectant les valeurs du sport », confessa-t-elle.

C'était à l'automne 2024, un épisode qui l'a conduit dans une lente dépression. « L'annonce du contrôle a été un choc pour moi et cette situation m'a rendue très anxieuse, a-t-elle avoué à l'époque. Les tests ont montré que la mélatonine que j'utilisais depuis longtemps avait été contaminée pendant la fabrication. La mélatonine est indispensable pour moi, à cause de mes nombreux voyages et du jet-lag avec le stress causé par des troubles du sommeil. »

La reconstruction par la lecture

Iga Swiatek a mis des mois à remonter la pente, osant parler à cœur ouvert ici ou là de la dépression des champions et de la perte du plaisir de jouer. Longtemps, remettre le pied sur un court lui a été difficile. Parce que le tennis a été à l'origine de ce souci qu'elle a transformé en honte.

Pour se consoler, chercher du réconfort, elle s'est réfugiée dans un de ses loisirs préférés : la lecture. Elle a dévoré les sagas de Ken Follett et la trilogie « Hunger Games », lisant ou relisant « Orgueil et préjugés » ou « Autant en emporte le vent », avant de mettre le casque sur les oreilles pour écouter deux de ses groupes préférés, AC/DC ou Led Zeppelin. La formule a fonctionné. À force de temps, Iga Swiatek est revenue au premier plan. Numéro 3 mondiale à l'entame du tournoi et de son premier match contre l'Australienne Emerson Jones, l'ancienne patronne du circuit a retrouvé des couleurs.

Deux semaines dans sa bulle

À 24 ans, elle revient ressourcée et pour la première fois depuis sa première participation en 2020, sans avoir le titre à défendre. C'est de la pression en moins et ça lui va bien. « J'ai l'impression que je me souviens de tous les tournois que j'ai joués ici, que j'ai gagnés ou pas à Paris, promet-elle. À chaque fois, c'est un seul souvenir pour moi. Je ne pense pas à ce qui s'est passé l'année dernière, ça ne compte pas beaucoup. »

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Tête de série numéro 3, Iga Swiatek vise a minima une demi-finale à Roland-Garros pour ne pas retomber dans les doutes. Elle connaît le chemin pour y parvenir : s'enfermer pendant deux semaines dans sa bulle. « En 2024, je me rappelle avoir profité de chaque journée, dit-elle ce vendredi… Je ne sentais aucune pression venant de l'extérieur. Peut-être que c'était parce que je me concentrais uniquement sur moi-même, en fait ! J'étais dans ma zone, dans ma bulle. »