Le Rugby Club Méditerranée (RCM), club de Fédérale 2 basé à Palavas, célèbre la deuxième année de son pôle jeunes, une initiative qui associe les clubs locaux pour l'école de rugby et les catégories jeunes, ainsi que les mairies et communes pour le volet scolaire. Ce projet, porté par Pascal Thomas, concrétise un rêve de longue date : « On a toujours eu ce besoin des uns et des autres pour proposer aux enfants, à la fois des structures et des humains qualifiés. Ce pôle du sud Montpelliérain en est la concrétisation ».
Un bassin de vie et de jeu
Le pôle regroupe les clubs de Villeneuve-lès-Maguelone, Saint-Jean-de-Védas et Frontignan, ainsi que les mairies de Lattes, Pérols et la commune de Palavas. Cette association vise à embrasser à la fois le sportif et le scolaire. « Se regrouper, c’est affirmer qu’on avance ensemble, en refusant toute concurrence entre nous », souligne Pascal Thomas.
Cette dynamique identitaire était déjà à l’initiative de la mutation de Palavas en Rugby Club Méditerranée. Anthony Cuzzit, co-porteur du projet et anciennement coach en Première, explique : « On veut représenter le bassin. Tout le monde s’identifie à ce nom et logo [le profil d’un taureau, NDLR]. On sait d’où on part. Notre priorité était le bien vivre ensemble. La première année, on a appris à se connaître. Le positif qui en est ressorti est que tous nos jeunes ont joué dans chaque catégorie ».
Des moyens et des structures pour tous les âges
Pour structurer le pôle, le RCM a créé deux temps-pleins et quatre contrats d’apprentissage, avec l’arrivée de Hugues Galambrun en renfort. Le club a fait confiance à l’un de ses joueurs, Hugo Dauba, pour cette embauche : « Pour structurer, il faut partir du plus bas. Il y a trois ans, on n’avait pas d’école de rugby. On est repartis des Baby et, à présent, en association avec ces trois clubs, on couvre toutes les catégories jusqu’à 19 ans ».
L’école de rugby, dirigée par Hervé Dissaux, a franchi un cap sans sacrifier les destins prometteurs. Dauba affirme : « Les jeunes jouent tous les week-ends sur les plateaux. C’est cela que nous nous devons de leur proposer si on veut continuer ce travail ».
Un double projet sportif et éducatif
Anthony Cuzzit et ses collègues actent le refus de former des enfants sans perspectives Séniors : « À moyen et long terme, on ambitionne de proposer un double rugby, national et régional, pour que chaque jeune puisse s’exprimer à son niveau tout en restant sur son lieu d’habitation. S’il n’est pas pris au MHR, partenaire, qu’il puisse jouer un rugby de qualité sur son territoire et avec ses copains, acquérir du temps de jeu tout en gardant ce plus haut niveau d’exigence ou encore alimenter les clubs associés ».
Le volet scolaire est un autre cheval de bataille. Hugo Dauba précise : « Le rugby est un sport où tout le monde vient d’horizons différents et l’école en est le parfait exemple. Avec Cyprien Léger, on propose une découverte adaptée en mixité et en âges. Cet aspect scolaire structure l’école de rugby ».
2 800 élèves et une enquête de satisfaction
Le RCM a mené, à l’issue de son lancement, une enquête de satisfaction où 85 % des enfants et parents se sont dits très satisfaits des solutions apportées à un problème majeur : la question des déplacements quotidiens entre les villes. « Chacun a fait un pas en avant en termes de logistique avec des moyens alloués. Il faut faire les choses avec humilité », rappelle Cuzzit.
Le projet concerne 2 800 élèves, avec un objectif féminin et une alliance avec l’association Colosse aux pieds d’argile. Anthony Cuzzit conclut : « On s’inspire des clubs alentour qui ont commencé à travailler sur le harcèlement scolaire et le poids des réseaux sociaux. Il nous semble important que le rugby soit au-delà d’un vecteur sportif et athlétique, celui de faire des personnes citoyennes et respectueuses ».



