Ils sont les témoins privilégiés du sport automobile et surtout d'un spectacle qui dure depuis maintenant 83 éditions dans les rues de Monaco. Les journalistes qui couvrent la Formule 1 ont tous une histoire à raconter autour du circuit. Au cœur du centre de presse, le centre névralgique de l'information, les anecdotes fusent à foison. Extraits choisis.
Rainer Welsch et son amitié avec Nigel Mansell
Hors période Covid, le journaliste allemand n'a pas raté un Grand Prix à Monaco depuis 1990. La meilleure course dont il se souvient ? « En 1992, lors des deux derniers tours, et la grosse bataille entre Ayrton Senna et Nigel Mansell. C'était un moment incroyable à vivre », amorce-t-il. À propos de Nigel Mansell, il a développé une relation toute particulière avec le pilote britannique et sa famille. « On s'était connu à la fin des années 1980 et on a développé une réelle amitié. Je l'ai rencontré pour la première fois à Monaco. Au cours d'une sauterie au Méridien Beach Plaza, il m'avait dit : "Rainer, je deviens vieux, cela m'inquiète" », poursuit-il, mimant le geste affectueux sur l'épaule que le pilote avait eu pour lui. « Puis, j'ai pu voir l'un de ses deux fils prendre le départ à Monaco en Formule 3, c'était spécial. »
Fabrice Jaton et l'interview la plus courte de sa carrière
Un Grand Prix, c'est parfois des moments de solitude. Avec ses 30 ans de métier à la RTS, Fabrice Jaton en sait quelque chose. « L'interview la plus courte de toute ma carrière c'était avec Lewis Hamilton. Je vais vers lui, avec le micro de la RTS, je lui pose une question : "Alors Lewis Hamilton, rebelote, c'est parti pour une nouvelle année de duel avec Nico Rosberg, comment vous analysez cela ?" Et là il me répond seulement : "Je suis né pour gagner." Voilà, c'était sa réponse, ça a duré moins d'une seconde », s'en souvient-il, amusé désormais. « C'était une très grande interview qui restera dans les annales de la RTS ! »
Carlos Miguel et l'analyse de Fernando Alonso
Présent en Principauté pour son 25e Grand Prix monégasque, Carlos Miguel se remémore une conversation tactique avec son compatriote Fernando Alonso. « En 2008, la piste était trempée, et Fernando Alonso me dit le jeudi avant de prendre le départ des essais libres : "Tu verras au virage Sainte-Dévote, il y a un espace sur lequel je pourrai m'appuyer pour dépasser." J'étais sceptique. Et cela n'a pas fonctionné, il a eu un accrochage. Après la course, je suis allé lui dire : "Tu vois Fernando, ce n'était pas une bonne idée" », raconte-t-il, se souvenant également de quelques accrochages avec ceux chargés de garantir la sécurité des épreuves. « Monaco, c'est très strict… » Cette année-là, le pilote espagnol se classera 10e de la course, après avoir enchaîné deux succès en Principauté.
Martin Businaro et une première mémorable
« On se souvient toujours de sa première fois », introduit Martin Businaro. Ça promet… « Pour mon premier Grand Prix de Formule 1 à Monaco, des amis avaient loué un yacht dans le port. Pour vivre l'expérience à la monégasque dans toute sa splendeur. Entre deux séries d'articles et quelques interviews, on prenait quand même pas mal de bon temps », admet le journaliste belge, un sourire à peine dissimulé. Une petite bière, rien de plus, n'est-ce pas ? « Oh, même plus qu'une seule bière… on va dire qu'avec un petit coup de potion magique houblonnée, ça repart plus facilement. » Pour le reste, ce qui se passe au Grand Prix de Monaco… ne dépasse pas les frontières de la cité-État.



