Anthony Bouthier avant Vannes-MHR : « On se charrie un peu »
Bouthier avant Vannes-MHR : « On se charrie un peu »

Le Montpellier Hérault Rugby se déplace chez le promu vannetais, ce samedi 12 septembre (16h35), pour la deuxième journée de Top 14. Il retrouvera une vieille connaissance, Anthony Bouthier (34 ans), cadre du MHR entre 2019 et 2025. Ce sera forcément un moment à part pour lui.

Des retrouvailles attendues et des chambrages par texto

Anthony Bouthier, le Landais qui a façonné sa carrière à Vannes avant de découvrir le plus haut niveau à Montpellier et en équipe de France (8 sélections), va retrouver le MHR ce samedi. L'occasion de revenir sur ses six années dans l'Hérault et comment il perçoit la saison à venir du RC Vannes, le promu devenu chouchou du championnat.

« Ça fait toujours plaisir de retrouver un ancien club, de revoir des gars avec qui j'ai joué pendant des années. En six ans (2019-2025), tu crées beaucoup d'affinités avec les joueurs et le club. C'est cool de les retrouver si vite », confie-t-il. Les chambrages par texto ont déjà commencé : « On s'écrit de temps en temps, notamment avec des mecs comme Auguste (Cadot), Arthur (Vincent), Baptiste (Erdocio) ou encore Alexis (Bernadet), on a un groupe sur lequel on se charrie un peu. On ne sait pas encore trop qui va jouer mais on a hâte de partager un moment ensemble. »

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Une saison dernière mémorable et un choix épanouissant

Anthony Bouthier a suivi la saison du MHR l'année dernière : « Bien sûr, et quelle saison ! Gagner le Challenge d'abord et ensuite faire une telle fin d'exercice… Je pense même qu'ils méritaient mieux sur la finale (perdue contre Toulouse, 28-20). Leur parcours est loin d'être volé. Au début, c'était un peu compliqué mais ils ont ensuite enchaîné plusieurs mois dans les premières places. C'était plaisant de les voir à ce niveau. »

Avec du recul, il juge son choix de revenir à Vannes en 2025 : « Je suis épanoui ici, je me régale au quotidien. Avec ma femme et mes deux filles, on s'y plaît. L'année dernière, on fait une super saison avec le club. Même si c'est la Pro D2, on finit quand même champion de France avec un billet pour le Top 14. Avec Vannes, j'ai une histoire à part, c'est ma première aventure dans le rugby pro (2014-2019) et j'y ai connu trois divisions, trois accessions (Fédérale 1, Pro D2 et Top 14). »

La ferveur bretonne et la vision du rugby

Interrogé sur l'essor du rugby à Vannes, sur une terre pas vraiment branchée rugby à la base, il répond : « Non, c'est sûr. Au début, il a fallu batailler pour faire jouer le RC Vannes à la Rabine. Puis très vite, la ville s'est rendu compte que le rugby pouvait apporter beaucoup de monde au stade, une autre ambiance. Aujourd'hui, ça a complètement switché. Il y a du rugby partout à Vannes, dans les boutiques, les magasins, les gens portent des vêtements aux couleurs du club. Il y a une ferveur autour de ce club et de la Bretagne. La région, aujourd'hui, vit le rugby à travers le RCV. C'est quelque chose que je n'avais jamais connu auparavant et c'est très plaisant. On est toujours surpris de voir l'engouement à domicile mais aussi à l'extérieur. »

Quant à la vision du rugby en Bretagne, différente de celle des Landes : « Ça reste une région qui découvre le rugby. On connaît Vannes depuis une dizaine d'années mais pour les gens, ça reste une découverte. Le public qui vient au stade a envie de revenir, surtout que l'enceinte est dans la ville. Les restaurants, les bars… Tout le monde est ravi de vivre ces moments de fête avant, pendant et après les matches. »

Des ambitions pour Vannes et un hommage à Spitzer

Beaucoup de suiveurs du Top 14 voient Vannes se maintenir ou en tout cas résister. Bouthier le ressent ainsi : « Je pense qu'on va pouvoir rivaliser un peu plus qu'il y a deux ans, quand le club a fait sa première année en Top 14 avant de redescendre dans la foulée. Les gars disent qu'on a un groupe plus étoffé, plus homogène, plus complet et plus aguerri qu'en 2024. À Castres (29-20), on a rivalisé mais on a fini frustré parce qu'on méritait mieux. Le groupe est capable d'aller batailler sur beaucoup de terrains. On joue bien, tant mieux, mais il faut désormais qu'on soit plus efficace. »

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Sur Jean-Noël Spitzer (52 ans), entraîneur en chef depuis 2005, il porte un regard admiratif : « Déjà, c'est un Breton qui aime sa région, connaît son histoire. Il a tout vécu avec Vannes, il y a été joueur (troisième ligne, en Fédérale 2), entraîneur puis manager. Parler de l'histoire de la Bretagne au groupe, c'est une tradition au club. Lui, il incarne toutes les valeurs du RCV. Après, il a réussi à s'adapter. Tu ne gères pas un club en Fédérale 1 comme en Top 14. Il a su s'entourer pour mettre des choses en place qui fonctionnent. »

Un souvenir fort avec le MHR et une saison à oublier

Son meilleur souvenir avec le MHR est sans surprise le titre de 2022 : « Le titre en 2022, forcément, même s'il y a eu le Challenge l'année d'avant. Et surtout, c'était la communion avec les supporters. On sait que c'est parfois dur de remplir le stade, et là on a réussi à emmener du monde à Nice et à Paris. Gagner le Brennus, c'est le Graal, et le partager avec ses supporters, c'est le top. »

Son pire souvenir est la saison de l'access-match : « Forcément, la saison de l'access-match. En plus, je m'étais fait opérer du croisé. C'est une saison à oublier. »

Il situe l'aventure montpelliéraine comme une étape majeure : « J'ai vécu six années qui m'ont beaucoup apporté comme joueur et aussi en tant qu'homme. J'ai été sélectionné en équipe de France, j'ai gagné deux titres… J'en garde forcément un très bon souvenir. »