Avant le 30 juillet 1966, l'Angleterre, berceau du football, n'avait jamais été championne du monde. Après son sacre à Wembley lors de la 8e édition, elle ne l'a plus jamais été. Dans l'intervalle de la domination brésilienne (1958, 1962, 1970), les "Three Lions" doivent leur unique titre à un homme : Bobby Charlton.
Un homme marqué par la tragédie
Bobby Charlton, Ballon d'Or 1966, a traversé son époque et quatre Coupes du monde tel un fantôme. Interdit de joie excessive, presque engoncé dans une retenue de vivre, ce milieu offensif (106 sélections, 49 buts) est un survivant. Le 6 février 1958, au retour d'un match de Coupe des champions à Belgrade, le vol 609 de la British European Airways fait escale à Munich. Sur la piste enneigée, l'avion s'écrase à sa troisième tentative de décollage. À son bord, les Busby Babes, la jeune génération de Manchester United dirigée par l'Écossais Matt Busby. Huit d'entre eux périssent dans l'explosion. Bobby Charlton, alors âgé de 20 ans, est arraché à son siège éparpillé sur le tarmac. Il survit, mais reste à jamais prisonnier d'un sentiment de culpabilité.
Le triomphe à Wembley
En 1966, Charlton participe à sa troisième Coupe du monde. Double buteur en demi-finale contre le Portugal d'Eusebio, puis passeur en finale face à l'Allemagne, il domine la compétition aux côtés de son frère défenseur Jacky, surnommé "la girafe". Quatre ans plus tard, au Mexique, en quart de finale contre les partenaires de Franz Beckenbauer, l'Angleterre mène 2-0. Son entraîneur Alf Ramsey remplace son stratège, et l'équipe s'incline en prolongation. Charlton met alors fin à sa carrière internationale.
La revanche de Munich
Entre-temps, Bobby Charlton remporte la première Coupe des champions avec son club de toujours, Manchester United. C'était en 1968, à Wembley, dix ans après le drame de Munich. George Best, l'attaquant sulfureux et talentueux, avait fêté pour lui ce titre tant attendu.



