UTMB : Marco Olmo, le mythe de Chamonix à 57 et 58 ans
UTMB : Marco Olmo, le mythe de Chamonix à 57 et 58 ans

Marco Olmo, coureur italien originaire de Robilante, a remporté l'UTMB en 2006 et 2007, à 57 et 58 ans, un exploit unique dans l'histoire de l'ultra-trail. À l'occasion du 20e anniversaire de sa première victoire, retour sur le parcours atypique de ce Piémontais, qui a marqué les esprits par son style et ses performances.

Un parcours hors norme

Marco Olmo a grandi dans une famille d'agriculteurs et a commencé à travailler dans une usine de ciment dès l'âge de 14 ans, avant de devenir conducteur d'engin sur des chantiers dans la province de Coni. Il s'est mis au trail running à un âge où beaucoup prennent leur retraite, après une carrière de fondeur. Il s'est rapidement illustré sur le Marathon des Sables, une course de plus de 220 km, où il a concouru jusqu'en 2017, à 68 ans, avec une douzaine de top 15 à son actif.

Sa première participation à l'UTMB remonte à 2005, où il a pris la 3e place. L'année suivante, il s'impose en 21h06 sur une version de 158 km, puis récidive en 2007 en 21h31 sur 163 km. Ces victoires, acquises avec un équipement pour le moins singulier, ont contribué à forger sa légende.

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Un style et un équipement qui interpellent

Marco Olmo portait un collant fuchsia, qu'il décrit comme un pantalon masculin de ski nordique, sorti une dizaine d'années plus tôt. Interrogé sur ce choix, il cite Woody Allen : « Whatever works » (« peu importe tant que ça marche »). Il ajoute : « Je savais que mes adversaires rigolaient dans mon dos, mais j'ai rigolé à mon tour quand je les ai battus. »

Guillaume Millet, 5e en 2006 et 6e en 2007, se souvient : « C'est vrai que ce collant était drôle. Mais on disait avant tout que c'était le gars âgé qui gagnait, pas le type au collant fuchsia. » Outre le collant, Marco Olmo courait avec de simples baskets de route Mizuno, qu'il utilisait depuis une dizaine d'années. « Les chaussures de trail ne font pas de miracles », explique-t-il. Il précise également avoir acheté des chaussettes en coton sur le marché pour ne pas faire de publicité gratuite.

Une technique et une préparation uniques

Marco Olmo était l'un des rares coureurs à se passer de bâtons. Guillaume Millet souligne : « Il était l'un des rares à se passer de bâtons. » Olmo justifie : « J'avais de bonnes jambes mais pas de bons bras. » En montée, il adoptait une posture penchée en avant, les mains dans le dos, comme un « surveillant de lycée ». Il explique : « C'était ma technique pour moins disperser mon énergie dans des moments de fatigue en montée. »

Vincent Delebarre, vainqueur de l'UTMB en 2004, raconte sa rencontre avec Marco Olmo en 2006 : « Il est arrivé avec ses mains dans le dos et il m'a sorti "Ciao va bene" en mâchant du pain et en enchaînant des grandes enjambées pour me doubler. » Delebarre, qui a désormais 58 ans, décrit Olmo comme « un gars simple, nature, qui ne boit pas une goutte d'alcool », et un « véritable métronome », habitué à courir seul en montagne deux ou trois fois par semaine.

Un héritage contesté mais admiré

Certains coureurs ont émis des doutes sur les performances de Marco Olmo, à une époque où les contrôles antidopage étaient plus rares. Guillaume Millet, devenu physiologiste du sport, tempère : « On peut douter, mais je ne doute pas plus d'Olmo que des autres. Ce n'est pas parce qu'il est Italien qu'il faut tout de suite fabuler. » Marco Olmo a toujours nié, affirmant en 2014 : « Je ne me suis jamais dopé. »

Catherine Poletti, cofondatrice de l'UTMB, le place dans le top 10 des traileurs qui ont marqué l'histoire de la course. « Il a laissé une trace indélébile, celle d'un mythe », dit-elle. En 2008, il abandonne au km 149, laissant la victoire à Kilian Jornet, alors âgé de 20 ans. Aujourd'hui âgé de 77 ans, Marco Olmo ne participe plus à l'UTMB, mais a bouclé un 12 km avec 700 m de dénivelé positif en 1h27 il y a trois mois.

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