Malgré une interdiction formelle et une amende de 135 euros, des jeunes continuent de sauter du Pont du Diable, site emblématique de l’Hérault, haut de 19 mètres. Les passionnés de cliffjumping bravent le danger et les patrouilles de gendarmerie pour s’adonner à leur sport.
Une pratique risquée et réglementée
Le Pont du Diable, situé entre Saint-Jean-de-Fos et Aniane, attire chaque été touristes et locaux. Mais sauter depuis son arche est strictement interdit par un arrêté municipal des deux communes. Les contrevenants s’exposent à une amende de 135 euros, comme le rappelle le maire d’Aniane. « C’est un espace où il y a eu beaucoup de drames. Alors on fait tout pour sécuriser la jeunesse », explique-t-il. Cinq à six gendarmes, des pompiers et un agent de sécurité sont déployés chaque jour pour dissuader les sauteurs.
L’adrénaline plus forte que la peur
Malgré ces mesures, des habitués comme Liam, 19 ans, Marius et Paul se retrouvent régulièrement pour sauter. « On fait ça pour l’adrénaline, toujours l’adrénaline. J’adore la sensation de chute », confie Liam. Les trois amis s’entraînent depuis quatre ans, progressant par paliers : d’abord de 5 mètres, puis 8, 13, et enfin les 19 mètres du pont. « Au début, on venait pour faire des après-midi entre potes. Maintenant, on vient aussi pour faire du sport et se dépasser », ajoute Marius.
Une approche sportive et sécuritaire
Les sauteurs ne prennent pas leur pratique à la légère. Ils analysent des vidéos, travaillent leur technique et renforcent leurs muscles, notamment les épaules, le dos et la nuque. « À partir de 12 ou 13 mètres, il faut vraiment considérer le cliffjumping comme un sport », alertent-ils. Ils guident même les touristes tentés de les imiter pour éviter les accidents. « On essaie de sécuriser au maximum », explique Marius.
Des sauts toujours plus hauts
Liam a récemment sauté du pont routier voisin, haut de 27 mètres, après avoir été dissuadé l’année précédente par ses amis. « On l’a empêché parce qu’on le sentait mal », se souviennent Paul et Marius. Il a finalement franchi le cap après un saut intermédiaire à 23 mètres. « 27 mètres, ce n’est pas assez. Maintenant, je veux monter à 30 », ambitionne-t-il. Le record de France est détenu par Côme Girardot avec 44 mètres.
Un bilan accidentel apaisé mais sous surveillance
Jusqu’à fin juillet, aucun accident majeur n’a été recensé, au grand soulagement du maire d’Aniane. « L’espace est relativement apaisé, même si on n’est pas à l’abri pour le reste de la saison », précise-t-il. La vigilance reste de mise sur ce site surfréquenté où la tentation du saut est grande, malgré les risques.



