La crinière est toujours là. Deux anneaux irisent ses oreilles. La carcasse de 2,01 m se plie sur un petit banc du palais des sports. Victor Diallo s’exprime d’un ton posé, parfois monotone ou absent, mais il ne faut pas y voir là quelconque séquelle de sa commotion cérébrale subie fin janvier : il n’est juste pas adepte des envolées lyriques. Mais il sait de quoi il parle. De cette convalescence. Des trois mois de souffrance et d’incertitudes, qu’il espère désormais derrière lui. L’ailier fort du HTV, 25 ans, réintègre le groupe ce vendredi soir face à Denain. Avec appétit, forcément.
Comment allez-vous ?
Mieux depuis quelques semaines. J’ai bien travaillé physiquement pour que cette reprise ne soit pas trop compliquée. Je suis de retour à 100 %, il ne me manquait plus qu’à retrouver du rythme et des sensations.
Vous souvenez-vous de votre KO ?
Oui, je n’ai pas perdu connaissance. C’était à l’entraînement (fin janvier). J’ai pris un coup de coude sur la tempe (de Chudier Bile). Je suis resté allongé… C’était ma première commotion cérébrale avec de gros symptômes jusqu’à récemment.
Lesquels ?
Perte d’équilibre, nausées, migraines… Au début, il y a aussi eu une hypersensibilité à la lumière. Et pendant longtemps de l’hyperacousie (exacerbation des sons).
Comment avez-vous géré cette période ?
Le plus lourd à gérer, c’est de ne pas savoir quand j’allais reprendre. Des fois, je me sentais bien pendant trois, quatre, cinq jours puis j’allais courir ou sauter et les migraines revenaient. Là, je me disais : “c’est pas bon”.
Avez-vous eu des moments de doute, sur la suite de votre carrière ?
Je ne me suis pas senti en dépression ni inutile, parce que je suis resté proche du groupe, je faisais mes activités sur le côté. Je ne me suis pas trop posé de questions. Il fallait juste laisser le temps à mon cerveau de récupérer et de reprendre les sensations que j’avais avant.
Le basket reste un sport de contacts, mais les commotions sont rares… Le problème y est-il pris au sérieux ?
Il n’est pas sous-évalué. Avec tout ce qui se passe dans les autres sports, ça a fait pas mal de bruit et maintenant, les gens connaissent et comprennent les risques. Tout le monde m’a dit de prendre mon temps. Le club m’a bien accompagné. J’ai consulté beaucoup de médecins, fait des tests cognitifs à la Timone… Et j’ai repris progressivement avec mon préparateur physique.
Quel sentiment vous anime désormais ?
Le plaisir. De rejouer au basket. Et de bien terminer la saison. On le mérite. Il faut se donner à fond lors des deux derniers matches. Je ne vois pas plus loin que ça.
À titre personnel, vous aviez très bien commencé avant de rentrer un peu dans le rang. Comment jugez-vous votre saison (5,8 pts, 2,3 rebonds et 5,8 d’évaluation en 15 minutes) ?
Je suis satisfait de ce que j’ai fait. Je pense avoir réalisé un bon début de saison (9,7 pts de moyenne sur les sept premières journées). J’ai eu aussi un bon match face à Caen (mi-décembre). Entre les deux, j’ai moins performé en termes de stats, mais ce n’était pas une mauvaise période : j’ai eu de l’impact en défense face à tous les joueurs à mon poste.
Retards, absences... Bensley Joseph mis à pied par le Hyères-Toulon Var basket
Sans calculer ni Joseph Le HTV a besoin d’un miracle pour intégrer le top 10 : gagner ses deux derniers matches et espérer deux défaites soit de Gries-Souffel soit de Châlons-Reims. Condamné à la victoire ce vendredi soir face à Denain (20 h), autre candidat au play-in, puis vendredi prochain à Poitiers, le HTV veut d’abord « se concentrer sur [lui]-même », pose le coach, Stéphane Dumas. Ce sera sans Bensley Joseph, absent à Gries pour avoir raté le train. L’arrière, qui a cumulé les retards, a été écarté du groupe et mis à pied à titre conservatoire par le club.



